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« Rose de Diarbékir » : un premier roman, l’Arménie au cœur

Portrait d’une Arménienne (vers 1865). - Credit:Coll. S. Kakou / adoc-photos
Portrait d’une Arménienne (vers 1865). - Credit:Coll. S. Kakou / adoc-photos

Comme il résonne, le destin de Rose Hagopian, de sa famille et de son peuple. C'est une fiction d'hier, mais qui a tout d'un témoignage d'aujourd'hui. Le livre est sorti le 28 septembre. Le même jour, en Arménie, 100 000 Arméniens du Haut-Karabakh étaient chassés « comme des chiens » – dixit le président azéri – de leur terre millénaire. Une énième épuration ethnique entamée il y a cent ans, et que relatent les premières pages de ce roman. Fin du XIXe siècle, à Diarbékir, Empire ottoman. Libre, Rose n'est pas le genre à se marier ou se taire. Sa passion, c'est le théâtre. Molière, Dumas, Corneille… Elle ne vit que pour les grands auteurs et la France. Il se trouve que Sarah Bernhardt est en tournée à Constantinople : Rose s'y précipite. Au même moment, Abdülhamid II prépare ce qui sera le premier génocide du XXe siècle. Persécutions, pogroms… Nous sommes en 1894 et c'est la répétition générale des massacres de 1909 (Adana) et de 1915. Tandis qu'à Paris Jaurès et Clemenceau hurlent dans le désert, à Diarbékir, les Kurdes – à la solde du sultan rouge – « commencent le travail » et Rose entre dans la résistance. Le premier roman de Corinne Zarzavatdjian est plein de souffle, de femmes puissantes, d'aventures et de fraternités insensées. C'est un document pour l'Histoire, aussi, la chronique du « printemps » méconnu du génocide arménien, prémices d'un long supplice qui n'est toujours pas reconnu par la Turquie et ses alliés mais se poursuit silencieusement, im [...] Lire la suite