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Robert Badinter, ancien garde des Sceaux, est mort

Robert Badinter en 2021.  - Credit: Lafargue Raphael/ABACA
Robert Badinter en 2021. - Credit: Lafargue Raphael/ABACA

Il restera celui qui mit fin à la peine de mort en France. Robert Badinter, ancien garde des Sceaux de François Mitterrand, est mort dans la nuit du 8 au 9 février à l'âge de 95 ans. À la faveur du livre-hommage qu'il avait consacré à sa grand-mère maternelle, Idiss (1), à l'automne 2018, Robert Badinter s'était offert un retour en enfance. À chacune des nombreuses conférences qu'il avait données alors, il était touchant de voir l'ancien membre de gouvernement, devenu chenu, témoigner de la tendresse que lui inspirait cette femme qui l'avait élevé pendant que ses parents travaillaient dur dans une entreprise de négoce de fourrure du 13e arrondissement. Honorant ainsi Idiss, Robert Badinter se mettait à nu, confiant des souvenirs intimes de sa prime jeunesse, dévoilant « l'immense histoire d'amour » qu'avait été sa relation avec cette « Yiddishe Mame », venue de Bessarabie. « Une femme qui était, pour mon frère et moi, une fontaine de joie », disait-il alors.

Le 28 novembre 2018, l'ancien ministre avait ouvert son cœur dans l'amphithéâtre du Mémorial de la Shoah à Paris, décrivant avec des mots simples et poignants cette grand-mère adorée qui lui avait laissé un souvenir si fort que, sept décennies après sa disparition, le vieil homme semblait avoir parfois la gorge nouée lorsqu'il prononçait son prénom.

« Ma grand-mère a quitté l'empire tsariste en 1912 pour survivre. Je dis bien pour survivre, avait-il insisté, car son existence même était en danger dans c [...] Lire la suite