Le risque de démence est plus élevé chez ceux qui se sentent étourdis en se levant, selon une étude

Johanna Amselem
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Vous avez l’impression d’avoir souvent des vertiges en vous levant ? Ce n’est peut-être pas anodin, d’après une étude américaine.

Les causes d’apparition des démences sont encore mal identifiées par les chercheurs. Le nombre de personnes souffrant de démence a pu être estimé à 1 200 000 en 2014 en France, comme le rapporte Santé publique France. Au fil des études, les scientifiques ont cherché à identifier quels symptômes pouvaient prédire l’apparition des démences. Comme le rapporte le site MedicalXpress, une nouvelle étude publiée dans la revue médicale de l'American Academy of Neurology établie un lien entre ceux qui se sentent étourdis quand ils se lèvent et le risque d’apparition d’une démence. En effet, certaines personnes ressentent une hypotension lors du passage de la position allongée ou assise à debout.

Grâce à cette étude, les chercheurs ont constaté que les personnes avec cette sensation ont un risque accru de développer une démence des années plus tard. Cette recherche a établi un lien pour ceux qui ressentent une baisse de leur pression artérielle systolique spécifiquement. La pression systolique correspond au moment où le cœur se contracte et envoie le sang dans les artères. “La tension artérielle des personnes qui passent de la position assise à la position debout doit être surveillée”, a déclaré l'auteur de l'étude Laure Rouch, Pharm.D., Ph.D, de l'Université de Californie à San Francisco. “Il est possible que le contrôle de ces chutes de tension artérielle soit un moyen prometteur d'aider à préserver les capacités de réflexion et de mémoire des gens à mesure qu'ils vieillissent”.

Des mesures irrégulières

Cette étude a été réalisée auprès de 2 131 personnes âgées de 73 ans. Les participants n’étaient pas atteints de démence au début de l’enquête. La tension artérielle a été mesurée au début de l’étude, à un an, à trois ans et cinq ans. Au cours des douze années suivantes, les participants ont été évalués pour voir si quelqu'un avait développé une démence. Au total, 462 participants (22%) ont développé la maladie. Les personnes souffrant d'hypotension orthostatique systolique étaient près de 40% plus susceptibles de développer une démence que celles qui n'en souffraient pas. Ainsi, 50 des 192 personnes souffrant d'hypotension orthostatique systolique, soit 26%, ont développé une démence, contre 412 des 1 939 personnes sans hypotension orthostatique systolique.

Après la prise en compte des autres facteurs (tabagisme, alcool, diabète), les personnes souffrant d'hypotension orthostatique systolique étaient finalement 37% plus susceptibles de développer une démence. De plus, les chercheurs ont constaté que les personnes dont les lectures de tension artérielle systolique assis-debout changeaient le plus d'une visite à l'autre étaient davantage susceptibles de développer une démence que ceux dont les lectures étaient plus stables. En effet, 24% des personnes dans le groupe avec le plus de fluctuations ont développé une démence, comparée à 19% des personnes dans le groupe avec le moins de fluctuation. Cette étude est uniquement une observation, les chercheurs n’ont pas identifié de lien de cause à effet.

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