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Retraites: peut-on mettre « la France à l’arrêt » en 2023 comme en 95 ? On demandé aux anciens

RETRAITES - « Mettre la France à l’arrêt » : c’est le mot de d’ordre de cette nouvelle journée de manifestation contre la réforme des retraites. La mobilisation se durcit avec l’ambition d’une grève reconductible dans des secteurs névralgiques comme l’énergie et le transport. Au risque pour les syndicats de perdre une partie de l’opinion publique. Mais le mouvement pourrait-il aussi basculer et entraîner un regain de mobilisation façon décembre 1995 bis ? Le HuffPost a posé la question aux manifestants qui étaient déjà dans la rue lors de la réforme d’Alain Juppé, comme vous pouvez le voir dans notre vidéo en tête d’article.

Mettre la France à l’arrêt ? Oui, mais…

« Moi j’espère que ce sera mieux qu’un décembre 95 », insiste Dominique, ancienne principale de collège aujourd’hui retraitée et présente dans la manifestation parisienne contre la réforme des retraites. Même son de cloche pour André, enseignant au collège. Pour lui, ce n’est pas juste cette réforme qui pose problème. Il faut rajouter « un ras-le-bol général » à cause « des salaires, du pouvoir d’achat, des conditions de travail », explique-t-il. « C’est un peu la goutte d’eau dans un vase qui est déjà plein à ras bord ».

Fabienne, salariée chez Orange est plus sceptique quant à la possibilité de « mettre la France à l’arrêt », comme le souhaiteraient les syndicats. « Est-ce qu’on peut vraiment dire ça aujourd’hui avec le télétravail ? » se demande-t-elle. Claude, à la retraite depuis 23 ans mais venue manifester contre la réforme craint que le contexte économique actuel ne soit pas vraiment propice et empêche les gens de se mobiliser. « Les gens ont des difficultés même pour se payer leur nourriture, alors une journée de grève pour quelqu’un qui travaille c’est très dur ».

« Bloquer les transports et les routes »

Ce n’est donc pas sûr que mars 2023 soit aussi réussi que décembre 1995. Tout dépend de la capacité à se mobiliser. Hervé, retraité estime qu’il faut avant tout « bloquer les transports, les routes, etc ». Carmen, elle aussi retraitée en espère davantage : « ça dépend s’il y a beaucoup de secteurs qui se mettent en grève, qui font des grèves tournantes, même quelques heures, ça peut être très embêtant. »

De leur côté, les syndicats, qui jouent leur va-tout face au gouvernement à quelques jours d’une probable adoption de la réforme des retraites au Sénat, ont salué ce mardi une « mobilisation historique », appelant le gouvernement à ne pas y « rester sourd », même si les taux de grévistes restaient un peu en deçà des records.

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