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Retraites : François Hollande déplore le "formidable gâchis" du débat

François Hollande le 7 mai 2022 à l'Elysée - GONZALO FUENTES / POOL / AFP
François Hollande le 7 mai 2022 à l'Elysée - GONZALO FUENTES / POOL / AFP

L'ancien chef de l'État s'en ait aussi pris au gouvernement qui "a pris une procédure exceptionnelle pour faire passer une réforme (...)" et "ouvert la critique du temps court et du passage en force".

L'ancien président François Hollande a déploré dimanche le "formidable gâchis" du débat sur la réforme des retraites à l'Assemblée nationale, appelant le gouvernement à dialoguer avec les syndicats plutôt qu'avec le patron de LR Eric Ciotti.

"C'est un formidable gâchis puisqu'aucun des acteurs n'en sort victorieux, ni le gouvernement, ni l'opposition et surtout pas les Français", a regretté François Hollande, invité du Grand Jury LCI-RTL-Le Figaro, qui considère la réforme comme "inopportune" et "injuste".

"Nous avons vécu une quinzaine de dupes puisque chacun des acteurs a été à contre-emploi", a estimé l'ancien président PS, qui a critiqué l'ensemble des forces politiques.

Il s'en ait d'abord pris au gouvernement qui "a pris une procédure exceptionnelle pour faire passer une réforme (...)" et "ouvert la critique du temps court et du passage en force".

La gauche et la droite critiquées

À gauche, l'ancien chef de l'État a taclé les députés Insoumis qui "n'ont même pas entendu ce que demandaient les organisations syndicales". L'intersyndicale exigeait le retrait des amendements pour que soit débattu l'article 7 qui prévoit le relèvement de l'âge de départ de 62 à 64 ans.

À droite, il a ironisé sur "la position absurde" et "contradictoire" des députés LR qui "apparaissaient comme étant ceux qui demandaient un assouplissement". Enfin, ses piques n'ont pas épargné le RN, accusé de "s'être caché tout au long de la discussion" pour déposer à la fin une motion de censure "dont ils savaient qu'elle ne pouvait pas passer".

Un "dialogue" entre le gouvernement et les syndicats

Avant la prochaine journée de mobilisation prévue le 7 mars, François Hollande a plaidé pour un "dialogue" entre le gouvernement et les syndicats, en particulier Laurent Berger, le patron de la CFDT.

"Plutôt que de négocier avec Eric Ciotti ou Aurélien Pradié, c'est essentiellement vis-à-vis de Laurent Berger et d'autres syndicats qu'il fallait se tourner", a-t-il déclaré.

"Penser que c'est Éric Ciotti qui aujourd'hui représente le mouvement social, c'est quand même un peu étrange", a-t-il ajouté.

Article original publié sur BFMTV.com

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