Publicité

Retraites : la droite retire un amendement pour accélérer les débats au Sénat

Bruno Retailleau le 1er février 2023 au Sénat  - Ludovic Marin/AFP
Bruno Retailleau le 1er février 2023 au Sénat - Ludovic Marin/AFP

Le patron des sénateurs LR, Bruno Retailleau, souhaitait que la suppression des régimes spéciaux concerne aussi les salariés actuels et pas seulement les nouveaux embauchés. Il a finalement retiré son amendement pour accélérer le rythme des débats.

La droite veut accélérer les discussions sur la réforme des retraites au Sénat. Le patron des sénateurs LR, Bruno Retailleau, a renoncé ce samedi à présenter son amendement emblématique, qui demandait que la suppression des régimes spéciaux concerne aussi les salariés actuels.

Ce retrait en début d'après-midi a eu pour effet de faire passer de quelque 630 à environ 360 le nombre d'amendements restant à examiner. Il a en effet rendu caducs la multitude de sous-amendements déposés par la gauche en riposte, dont la présentation aurait duré plusieurs heures.

Une trentaine d'amendements examinés par heure

L'amendement de Bruno Retailleau n'avait quoi qu'il en soit pas été retenu par le gouvernement dans la liste de ceux inclus au texte devant être soumis à un "vote unique" au terme des débats.

Ceux-ci doivent normalement s'achever d'ici dimanche minuit pour que ce scrutin puisse avoir lieu, comme le souhaite la droite majoritaire au Sénat, de même que le gouvernement, soucieux de donner une légitimité démocratique à sa réforme rejetée par une majorité de Français. Sachant qu'une trentaine d'amendements sont examinés chaque heure en moyenne, une dizaine d'heures pourraient désormais suffire pour arriver au vote.

Le gouvernement attaché à "la clause du grand-père"

À travers son amendement, Bruno Retailleau souhaitait que la suppression progressive des régimes spéciaux, prévue dans le texte du gouvernement pour les nouveaux embauchés, concerne aussi les salariés actuels. Il proposait "une convergence (entre les régimes, NDLR) jusqu'en 2040" estimant qu'il n'y "avait rien de brutal alors que pour tous les Français, à partir du 1er septembre, la réforme commencera progressivement à s'appliquer".

Mais le gouvernement est contre et a maintenu son attachement à "la clause du grand-père", réservant la mesure aux futures embauches. Le gouvernement a déployé vendredi les grands moyens pour accélérer et s'assurer la tenue d'un vote, en dégainant l'article 44.3 de la Constitution. Ce dernier permet un vote unique sur l'ensemble du projet de loi, sans mettre aux voix les amendements auxquels le gouvernement est défavorable.

Un "coup de force" et un "sabordage du Sénat", a dénoncé la gauche sénatoriale, qui n'a toutefois pas baissé les armes et qui continue à présenter ses propositions et demandes de rapports divers et variés, avec l'espoir d'empêcher un vote final. A défaut de pouvoir débattre et voter sur chaque amendement, les sénateurs de gauche utilisent à chaque fois à plein les deux minutes imparties pour les présenter.

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - Manifestation du 7 mars : "Les femmes seront les premières victimes, et tous ceux qui ont une carrière hachée, qui sont dans une forme de précarité"