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Retour, thérapie, condamnation... Ce qu'il faut retenir de l'interview d'Adrien Quatennens sur BFMTV

Au cours d'un entretien d'un peu moins d'une heure accordé à BFMTV, le député du Nord a tenu à "donner (sa) part de vérité" et a de nouveau dénoncé de nombreuses fuites dans les médias.

Au lendemain de sa condamnation à quatre mois de prison avec sursis pour des "violences" sur son épouse ainsi que des SMS répétés dans le cadre de leur séparation, le député LFI du Nord Adrien Quatennens était l'invité ce mercredi soir de BFMTV. Au cours de ce long entretien accordé à notre antenne, celui qui est suspendu temporairement du groupe de son parti à l'Assemblée nationale, est entre autres revenu sur les polémiques actuelles et a évoqué son avenir en politique.

• "Épreuve personnelle" et thérapie

Dès le début de cet entretien, le député a assuré suivre une thérapie depuis plusieurs semaines. "Tout cela n'a rien d'évident, j’ai l’habitude de me retrouver en face-à-face pour évoquer ma vie privée, mais d’habitude, il n'y a pas de caméra", a-t-il dit.

De manière plus générale, Adrien Quatennens a évoqué "une affaire personnelle" dont "je n’ai rien vu venir."

"Je ne veux pas minimiser les faits que j'ai reconnus, j'essaie de donner ma part de vérité. C'est une gifle que je regrette toujours", a-t-il ajouté, assurant que malgré sa condamnation, il n'est "pas un agresseur."

• Peine "sévère" mais "acceptée"

Sur le volet judiciaire, Adrien Quatennens estime que la peine qui lui a été donnée est "sévère" mais qu'il "l'accepte" à partir du moment où il a "reconnu un certain nombre de faits."

"Il y a eu une enquête fouillée, des auditions, des témoignages, des expertises psychologiques, il y a eu mon téléphone passé au crible et l’enquête a conclu que je n’étais pas coupable de violences répétées, de harcèlement, et a reconnu ce que j’avais reconnu publiquement, cette gifle", assure-t-il.

La peine avait été proposée mardi matin par la procureure de la République de Lille au député, qui l'a acceptée. Elle a ensuite été homologuée publiquement par un juge, à l'issue d'un huis clos prononcé pour "assurer le respect de la vie privée et intime des personnes" ainsi que la "sérénité des débats".

• Une gifle que le député "regrette"

Au fil de cet entretien, Adrien Quatennens est également revenu sur le moment où cette gifle a été donnée à sa compagne. "Ce jour-là nous avons une dispute sérieuse avec des menaces réciproques", se rappelle-t-il.

"L'objet de la dispute était autour de suspicions autour de l'usage du téléphone portable", évoque-t-il sur notre plateau.

C'est au cours de celle-ci qu'il gifle sa femme, "un geste qui m'a échappé" mais qu'il affirme avoir "immédiatement regretté." "Je ne l'ai pas minimisé, je m'en suis beaucoup excusé", affirme encore le député sur BFMTV.

• "Je ne cherche pas à me victimiser"

Le député a assuré ne pas souhaiter se "victimiser", mais que cette affaire ne peut pas le "caractériser. "Peut-on considérer qu'une faute caractérise un homme et peut le résumer ?", s'interroge le député sur notre antenne.

"Ce dont je me plains, moi [...], c'est des fuites médiatiques, du non-respect de l'enquête et du traitement incroyable que cela a généré", confie-t-il sur BFMTV.

En outre, le député a assuré qu'il n'avait pas l'intention de "signer à contre-cœur un document qui m'impose le minimum c'est-à-dire un week-end sur deux pour voir ma fille", déclare Adrien Quatennens.

• Pas de démission

Dans son interview accordée mardi à La Voix du Nord, l'élu avait assuré qu'il refusait de démissionner de son poste d'élu du Nord. Ce mercredi, Adrien Quatennens a précisé que "si j’avais été l’auteur de violences répétées la question se serait posée."

"Si je démissionnais demain, ce serait un précédent assez dangereux qui ouvrirait à l’instrumentalisation de la vie prisée en politique. Il y a 577 hommes et femmes à l’Assemblée nationale, pas sur-femmes et sur-hommes, mais qui peuvent faire des erreurs", assure-t-il.

• Un retour dès janvier ?

Quant à savoir quand se fera son retour sur les bancs du Palais-Bourbon, Adrien Quatennent a assuré qu'il souhaitait reprendre ses fonctions de député "dès que possible, vraisemblablement dès le mois de janvier, mais je respecterai la décision politique."

Selon lui, son travail en circonscription se poursuit et sa permanence parlementaire est toujours ouverte. "Les gens me disent 'bon ça suffit vous y retournez quand ?'", affirme-t-il.

En revanche, le député refuse de démissionner afin de remettre en jeu sa place d'élu par le vote. "Que se passerait-il ? Une campagne dans de bonnes conditions, honnête ? Je veux bien prendre ma part, mais pas davantage", ajoute Adrien Quatennens.

• Le "confident" Mélenchon

Interrogé sur sa relation avec le chef de file de La France insoumise, qui avait pris sa défense dans un tweet polémique quelque peu après l'apparition de cette affaire, Adrien Quatennens a assuré avoir une relation forte avec lui.

"Jean-Luc Mélenchon est un confident, j'ai une relation qui n'est pas que politique avec lui", a-t-il déclaré.

• La plainte de Gérald Darmanin

À la suite de l'interview du député dans La Voix du Nord, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a décidé de porter plainte en diffamation. Ce jour, Adrien Quetennens a dénoncé un "lynchage médiatique inédit", "directement orchestré depuis le ministère de l'Intérieur" selon "plusieurs sources concordantes".

"Je m'étonne que le ministre de l'Intérieur n'ait pas mieux à faire que porter plainte contre moi", déclare le député LFI ce mercredi soir sur BFMTV. "Peu importe qui a fait ça (les fuites de la main courante, NDLR), cela s'appelle de la violation de l'instruction au préjudice d'une victime", poursuit-il.

"Tout ce qui était à charge contre moi a fuité et tout ce qui, au contraire, rétablit un peu de vérité et pointe les incohérences de mon ex-compagne n'a pas fait l'objet de fuites", ajoute encore le député.

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - Adrien Quatennens : "Je souhaite reprendre une activité parlementaire normale, je n'ai aucune autre prétention"