REPORTAGE. Retrouver l'odorat après le Covid-19

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Environ 80 % des patients atteints du coronavirus souffrent d'anosmie, c'est-à-dire d'une perte de l'odorat. Des méthodes de rééducation olfactive existent. Reportage dans un service ORL.

Cet article est issu du magazine Sciences et Avenir - La Recherche n°891 daté mai 2021.

"J'ai eu le Covid-19 il y a trois mois, et j'ai aussitôt perdu l'odorat." Charlène*, 33 ans, est inquiète : elle ne l'a toujours pas retrouvé. Aussi a-t-elle décidé de venir consulter Stéphane Hans, chef du service ORL de l'hôpital Foch, à Suresnes (Hauts-de-Seine). "Ça ne revient pas, et ça devient un peu difficile. Je ne sens pas les parfums, si ça brûle dans la cuisine je ne le sens pas non plus", continue-t-elle. Comme Charlène, environ 80 % des patients atteints de Covid-19 souffrent d'anosmie, c'est-à-dire d'une perte de l'odorat. "Ce symptôme concerne principalement les patients avec un Covid-19 léger ou modéré, et seulement 5 à 10 % des patients hospitalisés pour un Covid-19 sévère", explique Stéphane Hans. Certaines anosmies sont plus légères que d'autres. Charlène commence par passer un test pour évaluer ce qu'il reste de son odorat. "On s'aperçoit que certains patients qui se pensent anosmiques sont en réalité hyposmiques, c'est-à-dire qu'ils sentent moins bien les odeurs", commente le spécialiste.

Un suivi psychologique parfois nécessaire

Clou de girofle, mandarine, vieux poisson… : il fait sentir à Charlène 16 odeurs concentrées dans un kit de 16 "stylos" appelé "Burghart Sniffin'Sticks", créé en Allemagne où il fait référence. "C'est un peu perturbant", lâche Charlène en constatant qu'elle ne perçoit que quelques odeurs sans parvenir à les identifier. "La perte d'odorat peut avoir des conséquences psychologiques importantes pour les patients, confirme Stéphane Hans . Ils ne sentent plus l'odeur de leurs enfants, ni celle du gaz, ça peut être très mal vécu. Il m'est arrivé d'en adresser quelques-uns à des psychologues." Le diagnostic tombe pour Charlène : seulement quatre odeurs perçues sur les 16, c'est une anosmie sévère. Heureusement, avec une bonne prise en charge, 95 % des patients retrouvent l'odorat dans les six mois, d'après une étude européenne sur 3000 pati[...]

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