Reportage dans la Loire, au coeur de la France à sec

Philippe Petit / Paris Match

Depuis des mois, toutes les régions sont frappées par le manque d’eau et les canicules à répétition. Gros plan sur la Loire.

« Encore des culs de grève qui ont pissé de plusieurs mètres en quelques jours ! » Jean-Michel Peltier, moustache de morse et casquette de marin, montre du doigt à Nicolas, son second, des extrémités de bancs de sable. Le capitaine veut dire que ces étendues mouvantes ont avancé de plusieurs mètres. Il ne faudrait pas que leur bateau, le «Galatée», vienne planter son nez dans l’une d’elles. Chaque jour, du 1er juin au 15 octobre, sur un parcours de 54 kilomètres, entre Montsoreau et Bouchemaine, dans la région de Saumur, les deux agents du département retracent le chenal de la Loire. Ils repositionnent 500 balises, là où l’eau est le plus profond. Le fleuve n’est pas navigable, mais les embarcations de pêche ou de tourisme peuvent toujours circuler dans ce secteur.

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«Attention! je n’ai que 40 centimètres, ici », prévient Nicolas en plantant sa gaule graduée. On entend les hélices qui grattent le gravier. Elles s’usent si vite, en ce moment, qu’il en faut quatre par mois au lieu de deux habituellement. Debout à l’avant, façon gondolier, le binôme de Jean-Michel, son « œil », va devoir déplacer la balise là où il trouvera au moins 50 centimètres d’eau, la hauteur suffisante pour qu’un bateau de promenade puisse passer.

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Depuis quelques jours, en amont du pont des Ardilliers, à Saumur, c’est mission impossible. Le «Galatée » ne peut plus avancer. Seul un canoë-kayak, qui n’a besoin que de 20 centimètres, pourrait continuer. À partir d’ici, le fleuve est bouché. D’ordinaire si fougueux, le voilà bien raplapla. Affaibli par un bas débit, il cherche désespérément à trouver son(...)


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