Une rentrée morose

Photo HANART TZ GALLERY, HONG KONG

C’est la rentrée à Hong Kong et le moment de faire un état des lieux après ces quelques mois qui ont vu le président Xi Jingpin célébrer le 25e anniversaire de la rétrocession du territoire par la Grande-Bretagne à la République populaire de Chine et superviser la mise en place d’une loi sur la sécurité nationale qui a remis Hong Kong sur le droit chemin du “socialisme à la chinoise”, une loi qui a tenté d’extirper le moindre espoir de démocratisation.

Disons simplement que tous les pro démocratie, qu’ils soient hommes politiques, leaders de mouvements étudiants ou syndicalistes représentant les ouvriers ont été arrêtés sous le prétexte de “troubles de l’ordre public” – car un prisonnier politique ne peut exister dans le monde chinois. Ils sont d’ailleurs encore pour beaucoup emprisonnés, attendant leurs procès depuis des mois.

Plus de 113 000 Hongkongais ont émigré

Le nouveau Parlement local est entièrement pro Pékin et ne comporte aucun parti d’opposition à la suite d’une réforme du système électoral qui a éloigné tout aspirant démocrate. Il n’existe donc plus aucun débat de fond sur l’avenir de la cité. Le gouvernement hongkongais est maintenant sous la direction d’un ancien chef de la police choisi comme chef de l’exécutif, et donc sous l’aile du gouvernement de Pékin.

Cette politique a fait fuir les Hongkongais vers des terres plus propices à la liberté d’expression et à une éducation plus ouverte. Entre la mi-mai 2021 et la mi-mai 2022, 113 200 résidents hongkongais ont plié bagage, inquiets pour l’avenir de leurs enfants. Il faut dire que les livres d’école ont été récrits pour être alignés à une politique et une histoire officielle revue par le Parti et non polluée par celle de l’Occident. Ces émigrés sont partis vers le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie ou même le Portugal ou Taïwan.

La politique “zéro Covid” a isolé Hong Kong

Autre aspect : la politique anticovid très stricte imposée par Pékin, avec des mesures de quarantaine qui obligeaient à ses débuts à un confinement de trois semaines dans un hôtel aux frais du voyageur, a isolé Hong Kong. Elle a fait fuir tous les touristes et de nombreux expatriés, empêchant aussi la plupart des résidents permanents de voyager, faute de pouvoir payer ces frais d’hôtel à leur retour.

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