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Rentrée 2023: "un professeur devant chaque classe", une promesse non tenue dans la moitié des établissements

Emmanuel Macron et le gouvernement avaient promis la présence d'enseignants devant chaque classe lors de cette rentrée 2023-2024. Les parents et syndicats dénoncent une promesse non-tenue.

Rentrée 2023: "un professeur devant chaque classe", une promesse non tenue dans la moitié des établissements

Le président de la République Emmanuel Macron le réaffirmait le 24 juillet: il y aurait "un professeur devant chaque classe à la rentrée". Pourtant, une semaine après le retour des élèves sur le chemin de l'école, les parents et syndicats dénoncent une promesse non-tenue.

Selon une étude du syndicat national des enseignants du second degré (Snes-Fsu), réalisée dans 500 établissements et révélée ce lundi par franceinfo, il manque au moins un professeur dans près d'un collège et lycée sur deux.

"Ma fille en quatrième n'a ni prof d'Histoire Géographie ni prof de musique", témoigne une internaute sur mes réseaux sociaux. Une autre raconte l'absence d'un professeur de SVT "pour congé paternité", mais aussi le manque de professeur de technologie et de latin.

Pour les parents, la petite musique se répète. C'est le cas de Joannie Berther, la mère de Nathaniel, un collégien en classe de cinquième. Pour la deuxième année consécutive, l'établissement leur a "annoncé clairement qu'il n'y avait pas de prof de français", ni d'anglais.

"D'une manière générale, les disciplines scientifiques sont compliquées à pourvoir", notamment les sciences de l'ingénieur, les maths et la physique, liste Agnès Andersen, secrétaire générale de "Indépendance et direction - Force Ouvrière".

Pas de chiffre de l'Éducation nationale

Ces absences du côté des enseignants ont des effets pour les élèves, qui prennent du retard sur les programmes pour une durée indéterminée. Mais aussi pour les professeurs qui doivent parfois prendre le relais par intermittence.

Dans un lycée francilien, trois professeurs de sciences industrielles de l'ingénieur sont à l'appel. Résultat, les effectifs doivent être mutualisés :

"Il devrait y avoir deux enseignants avec chacun un groupe de 15 élèves. Or, comme il en manque un, l'autre se retrouve avec 30 élèves", témoigne Yelena Susic, professeure de français et secrétaire départementale de la FSU91.

Le ministère de l'Éducation nationale n'a donné aucune estimation chiffrée sur l'ampleur du phénomène. Si toute la France fait face à une pénurie, les académies de Versailles et de Créteil seraient les plus touchées, selon les données du syndicat Snes-FSU.

Par ailleurs, 3000 contractuels ont été embauchés par le ministère de Gabriel Attal pour colmater les absences. Une solution temporaire qui ne résoudra pas la crise sur le long terme, selon Sophie Vénétitay, professeure de SES de l'Essonne et secrétaire générale du SNES-FSU:

"L'urgence pour attirer plus de monde au concours et recruter davantage c'est bien des mesures salariales beaucoup plus importantes que ce qui a été fait l'année dernière", revendique-t-elle.

En avril, des augmentations pouvant aller jusqu'à 11% en début de carrière ont été annoncées. Outre l'argument pécunier, l'enseignant appelle à améliorer les conditions de travail, souvent dégradées par des effectifs importants, "des classes avec 29 à 30 élèves".

Article original publié sur BFMTV.com

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