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"Renouvelez votre regard": Amsterdam lance une nouvelle campagne pour décourager les touristes fêtards

Amsterdam a annoncé le lancement d'une nouvelle campagne en ligne en vue d'attirer des touristes différents des jeunes fêtards friands de la capitale néerlandaise et concédé qu'une précédente initiative, en mars, n'avait pas eu l'effet escompté.

À travers des vidéos en ligne, la ville demandera à partir de l'année prochaine aux touristes de la considérer avec un "nouveau regard", tourné vers sa richesse culturelle plutôt que vers son Quartier rouge, ses bars, ses coffeeshops et les "enterrements de vie de garçon".

"Ces dernières années, Amsterdam a acquis l'image d'une ville où 'tout est permis' pour de nombreuses personnes ici et à l'étranger", a déclaré la municipalité dans un communiqué diffusé ce mardi 30 novembre.

"Renouvelez votre regard"

Elle a dénoncé des visiteurs "transgressifs" ne cherchant que "des sensations et un divertissement vulgaire", a-t-elle ajouté.

"Ils ne prêtent pas attention à la beauté et à la convivialité, à l'offre artistique et culturelle" ou aux événements passionnants et aux quartiers agréables, note-t-elle.

Intitulée "Renouvelez votre regard", la campagne racontera des histoires de "vrais Amstellodamois" pour montrer une autre facette d'Amsterdam et rectifier son image "unidimensionnelle". L'objectif est notamment de parler de l'art, de la culture, du shopping et des événements qu'Amsterdam a à offrir.

Cette campagne, qui sera lancée l'année prochaine, "n'a pas pour but d'attirer davantage de visiteurs dans la ville", a précisé la municipalité, mais "d'attirer un autre type de visiteurs".

Rendre le centre-ville attractif aux locaux

En outre, la municipalité a également annoncé ce jeudi la mise en œuvre de nouvelles réglementations pour encadrer le secteur du tourisme dès le 1er janvier 2024. Il s'agit notamment de nouvelles limites du nombre de locations touristiques privées.

Par conséquent, cela signifie que dans les quartiers animés - et touristiques - de la ville, notamment dans le centre, aucun permis pour l'installation de nouvelles chambres d'hôtes ne sera accordé, au moins pour les quatre prochaines années. À l'inverse, la ville augmentera l'offre de logements pour les étudiants, les enseignants ou encore les policiers.

Dans ce cadre, le Conseil d'État néerlandais a également statué que la ville n'était plus autorisée à délivrer de permis pour les boutiques de souvenirs dans le centre d'Amsterdam. Là encore, l'objectif est d'éviter une "monoculture" dans la capitale néerlandaise.

En diversifiant l'offre avec des magasins comme des librairies, des magasins de vêtements, des salles de sport ou des salons de coiffure, la municipalité espère que le centre-ville deviendra plus attrayant pour les habitants locaux.

Dissuader les fêtards

Une campagne intitulée "Restez à distance" avait été lancée en mars dernier, visant d'abord les jeunes Britanniques, puis les autres hommes âgés de 18 à 35 ans aux Pays-Bas et dans le reste de l'UE. Selon une lettre de la maire Femke Halsema au Conseil municipal, la campagne n'a pas eu les effets escomptés.

Elle visait notamment les personnes qui chercheraient dans un moteur de recherche des termes tels que "enterrement de vie de garçon Amsterdam", "hôtel pas cher Amsterdam" et "tournées des bars Amsterdam" afin d'associer ces recherches à des vidéos de dissuasion.

La campagne était focalisée sur les conséquences d'un comportement excessif, telles que les amendes, les arrestations et les hospitalisations. "L'approche de la campagne ajuste en partie l'image de la ville mais n'entraîne pas encore une diminution directe de l'attractivité de la ville pour les touristes fêtards en provenance du Royaume-Uni", a déploré Femke Halsema.

Amsterdam a également interdit de fumer du cannabis dans les rues du Quartier rouge, une mesure couplée à un renforcement des restrictions sur l'alcool et à une fermeture plus tôt le week-end des cafés, bars, restaurants et maisons closes.

Les autorités envisagent également de déplacer les travailleuses du sexe vers un "centre érotique" en banlieue. Mais le projet a suscité une levée des boucliers de la part notamment des concernées.

Article original publié sur BFMTV.com