Rencontre Macron-Poutine: on sait pourquoi la table utilisée était si démesurément grande

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Emmanuel Macron a refusé de subir un test PCR à son arrivée en Russie, un protocole sanitaire qui l'aurait fait patienter plusieurs heures aux portes du Kremlin.

Elle est devenue un personnage à part entière de cette rencontre au sommet. Lundi, en marge de l'entrevue moscovite organisée entre Vladimir Poutine et Emmanuel Macron, au cours de laquelle les deux chefs d'État ont longuement évoqué la situation plus que tendue à la frontière russo-ukrainienne, de nombreux observateurs se sont étonnés de la taille de la table d'un blanc immaculé qui séparait les deux hommes.

Pour certains d'entre eux, il s'agissait d'un message diplomatique clair envoyé par l'homme fort du Kremlin.

PCR, antigénique et ADN

Cependant, comme l'a appris ces dernières heures Reuters, la raison de la taille de ce surprenant mobilier pourrait être bien plus terre-à-terre, et surtout sanitaire. Selon plusieurs sources, Emmanuel Macron aurait refusé de se soumettre au test PCR demandé par les autorités à son arrivée en territoire russe, une procédure assez longue, qui aurait fait patienter le président de la République plusieurs heures aux portes du Kremlin.

À la place, Emmanuel Macron s'est soumis à un simple test antigénique effectué par le médecin du président français. Un choix assumé qui a provoqué de facto une plus grande distanciation sociale entre les deux hommes. Une distance qui a également été observée lors de la conférence de presse qui a suivi la rencontre.

"Les conditions protocolaires permettant un entretien entre les deux chefs d'États avec une distanciation moindre (contact avec serrage de mains et table plus petite, ndlr) imposaient un protocole sanitaire qui ne nous paraissait ni acceptable, ni compatible avec les contraintes d'agenda du président", a appris BFMTV auprès de l'entourage du président.

Selon une seconde source, toujours interrogée par Reuters, Emmanuel Macron aurait également refusé le test PCR pour ne pas laisser son ADN aux autorités russes.

"Nous savions très bien que cela ne signifiait pas de poignée de main et cette longue table. Mais nous ne pouvions pas accepter qu’ils mettent la main sur l’ADN du président", indique-t-on.

Quelques heures plus tard, Emmanuel Macron l'avait assuré, "ça n'a pas du tout gêné le débat".

Les dessous de table

Ce n'est pas la première fois dans l'histoire récente de la diplomatie russe que cette table de près de quatre mètres de long est utilisée. Le 1er février dernier, le Premier ministre hongrois Viktor Orban avait également été tenu à distance de Vladimir Poutine au cours d'une réunion au Kremlin qui devait pourtant sceller une étroite proximité entre les deux pays.

Jeudi, Vladimir Poutine a cette fois reçu le président du Kazakhstan Kassym-Jomart Tokaïev, quelques semaines après que son pays a été secoué par une révolte populaire. Au vu de la taille de la table, ce dernier s'est visiblement plié aux éxigences sanitaires russes.

La longue rencontre entre Emmanuel Macron et Vladimir Poutine s'est soldée par de maigres engagements du côté russe, assortis de menaces à peine voilées à l'égard des Occidentaux. Néanmoins, la Russie s'était engagée à ne pas prendre de nouvelles initiatives militaires pour l'heure.

Trois jours plus tard, les armées russes et bélarusse ont entamé de grandes manoeuvres au Bélarus, aux portes de l'Ukraine, qualifiées de "pression psychologique" par Kiev.

Article original publié sur BFMTV.com

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