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Rencontre entre Macron et les chefs de partis: ce qu'il faut retenir des 12 heures de discussions

Pendant 12 heures consécutives dans la nuit de mercredi à jeudi, Emmanuel Macron et les responsables politiques, de la Nupes au RN en passant par LR, ont discuté de la situation internationale et de l'état du pays.

Christophe Ena / AFP

Douze heures, 720 minutes et 43.200 secondes. Débutées à 15h, les "Rencontres de Saint-Denis" se sont achevées peu après 3h, dans le cœur de la nuit. Pour la première fois de l'histoire de la Ve République, Emmanuel Macron avait convié les chefs de partis politiques à la maison d'éducation de la Légion d'honneur de Saint-Denis pour "converger sans reniement, ni renoncement". Au menu, trois thèmes: la situation internationale, les institutions et "cohésion de la nation".

À l'issue de cette très longue réunion, les protagonistes qui se sont exprimés devant la presse ont affiché leur déception. "On est venus, on a vu et on a été déçus", a lancé la cheffe des écologistes Marine Tondelier.

"Il n'y a pas de conclusion pour l'instant", affirmait quelques minutes plus tôt Jordan Bardella, expliquant que le chef de l'État a "pris note" et devrait "revenir vers la représentation nationale pour fournir un agenda et un calendrier". L'entourage du chef de l'État a précisé à BFMTV à l'aube qu'une "conférence sociale" sur "les carrières et les branches situées sous le salaire minimum" devrait être organisée. La date de cette prochaine réunion n'a pas encore été précisée à l'heure où nous écrivons ces lignes.

Des discussions un peu trop longues ?

"Chacun passait les uns après les autres, en donnant son diagnostic de la situation", a expliqué un des participants à des journalistes à l'issue de la longue réunion. "Il y a eu peu d'échanges", a-t-il ajouté.

"Un sujet est lancé, chacun donne son avis, le Président prend note et on passe au sujet d'après", a résumé ce participant.

Résultat, les "tables rondes" ont duré chacune de très longues dizaines de minutes, la première sur la situation internationale se terminant vers 20h00, quatre heures après le début de l'événement.

"À la fin, le président de la République a constaté qu'aucune des forces politiques autour de la table ne soutenait l'intervention russe en Ukraine. Je pense qu'il n'y avait pas besoin de cette table ronde pour s'en rendre compte", a lancé à l'issue de l'événement Manuel Bompard. L'insoumis a eu "l'impression de vivre 12 heures sur la planète Mars".

Dîner surprise, pas de téléphone

Sans doute, personne n'avait prévu de passer autant de temps à Saint-Denis. Initialement, la rencontre devait se terminer en début de soirée et se poursuivre par un dîner, auquel les dirigeants de la Nupes ne comptaient pas participer. "Ils ne voulaient pas dîner, ils vont petit déjeuner!", disait dans la nuit à plusieurs journalistes l'entourage d'un participant.

"On a changé de salle pour être servis à table", a confié un responsable politique au bout des douze heures.

Toute la journée, rien n'a filtré sur la teneur des discussions : la presse était tenue à l'écart et les participants ont dû se séparer de leurs téléphones, qu'ils n'ont récupéré que brièvement lors de courtes pauses entre les sessions.

Un participant se félicitait auprès de son entourage d'un état d'esprit "plutôt apaisé et constructif", rapportait l'AFP dans la soirée. "Ça s'est fait à la fois de manière très civilisée, mais en même temps très franche", a jugé Olivier Faure, Premier secrétaire du PS.

Vers l'organisation d'une "conférence sociale"

Sur le fond, le principe d'une "conférence sociale" a été "validé" par Macron devant les chefs de partis, a annoncé l'Agence France presse, citant l'entourage du président de la République. Une information confirmée par BFMTV.

Quelques minutes plus tôt Olivier Faure indiquait qu'Emmanuel Macron s'était dit prêt à travailler sur une "conférence salariale", que la Nupes demandait. C'est la seule proposition venue de la gauche "qui n'a pas été balayée", affirmé le patron du PS, affirmant qu'on "est loin du grand soir".

"À chaque fois qu'on a fait des propositions, on a eu l'impression qu'on nous répondait soit non, soit "groupe de travail, on verra peut-être', expliquait de son côté Manuel Bompard.

De nouvelles rencontres ?

Dans un communiqué, Jordan Bardella a expliqué avoir notamment demandé l'organisation d'un référendum sur l'immigration pour le 9 juin 2024, le même jour que les élections européennes.

Aucun autre participant ne s'est exprimé publiquement à la sortie de la réunion. Dans la nuit, l'AFP a annoncé qu'Emmanuel Macron souhaite convier à nouveau les chefs de partis dans "un format identique". Pour une nouvelle fois douze heures de réunion ?

"Il y a plusieurs points qui donneront lieu à des débats parlementaires", a ajouté un responsable politique. "D'autres donneront lieu à des formats de travail inter-partis, on n'en sait pas plus".

En revanche, il ne devrait pas y avoir de référendum. Les participants "ont convenu dans un premier temps d’engager un travail sur le champ du référendum avant tout d’abord", a indiqué l'entourage d'Emmanuel Macron à BFMTV.

"Le président de la République fera parvenir dans les prochains jours une lettre synthétisant les échanges et les pistes de travail proposées que chacun pourra amender pour poursuivre les échanges sur cette base", a fait savoir cette source.

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - "Douze heures sur la planète Mars": Bompard, Faure et Tondelier "déçus" après la rencontre avec Macron