Remaniement ministériel : l'écologie tombe au 10e rang protocolaire

Dans le gouvernement précédent, la ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, Amélie de Montchalin, occupait la 5e place.

Rétrogradée l'écologie? Tandis qu'Emmanuel Macron avait promis pendant sa campagne à Marseille de mettre les questions environnementales au cœur de son nouveau mandat, certains ont pu s'étonner ce lundi de la place accordée au remplaçant d'Amélie de Montchalin.

Cette dernière a laissé son siège au ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires au maire d'Angers et secrétaire général d'Horizons, Christophe Béchu. Il a été annoncé dans la liste officielle du gouvernement Borne II à la 10e place soit au 10e rang protocolaire. En mai dernier, Amélie de Montchalin occupait le 5e rang.

Le fait que l'écologie dégringole au 10e rang protocolaire donne une idée des priorités de ce gouvernement", analyse Philippe Corbé, chef du service politique de BFMTV.

Pas un détail

Les annonces de remaniement ne sont rédigées ni par ordre alphabétique et ni par ordre thématique. C'est le symbole du rang protocolaire qui domine. Le nom de Christophe Béchu est ainsi arrivé après celui de Mars Fesnau du ministère de l'Agriculture et avant celui d'Agnès Pannier-Runacher à la Transition énegétique.

Simplement honorifique, ce rang donne toutefois une idée du "choix discrétionnaire du président de la République et du Premier ministre lors du décret de nomination", écrivent Henri Oberdorff et Nicolas Kada dans leur ouvrage Institutions administratives (Editions Sirey, 2013)

"Ce n'est pas un détail ce rôle protocolaire", insiste sur notre antenne Philippe Corbé. Par exemple "le fait que Bruno Le Maire et Gérald Darmanin aient été nommés en mai et confirmés aujourd'hui numéro 2 et numéro 3 du gouvernement, ça a un vrai sens politique", relève-t-il.

"Fin de la blague"

Sur Twitter, plusieurs observateurs ont pointé la place attribuée à Christophe Béchu. "L'écologie rétrogradée du 5e au 10e rang protocolaire, confié à un homophobe qui ne connaît quasi rien à la question écologique, tout va bien", s'agace l'historienne et enseignante chercheuse marquée à gauche, Mathilde Larrère.

Bérengère Couillard, auparavant députée Ensemble (ex-LaREM) de Gironde et désormais secrétaire d'Etat chargée de l'écologie est elle placée au 41 rang protocolaire sur...42. "Fin de la blague", s'irrite un enseignant d'Histoire-Géographie sur le réseau social à l'oiseau bleu.

"Ça veut dire que la transition écologique qui était le grand thème de l'entre-deux tours de la présidentielle, le grand thème du seul meeting électoral d'Emmanuel Macron à Marseille (...) le message principal adressé à la gauche (...) un pilier essentiel de l'action du second quinquennat est relégué à la 10e place (...) après l'Agriculture, l'Education nationale et le Travail, l'Enseignement supérieur etc...", décrypte le chef du politique de BFMTV.

Dans un communiqué, l'ONG Greenpeace dénonce le "manque d'ambition du gouvernement".

Bérengère Couillard et Christophe Béchu - déjà fustigé par Les Verts pour avoir voté contre l'interdiction des néonicotinoïdes lorsqu'il était sénateur et par l'ensemble de la gauche pour avoir signé une tribune contre le Mariage pour tous dans Valeurs actuelles - tiennent à donner une toute autre image que celle insinuée par leur rang.

"Je mesure combien la mission est importante et exigeante. Au travail!" a immédiatement tweeté la nouvelle secrétaire d'Etat. "La tâche est immense", a déclaré le ministre de l'écologie. Tous deux défendent un gouvernement d'action sur le sujet écologique, comme pour garantir que le sujet, s'il semble être relégué loin derrière l'inflation et la question énergétique, est toujours pris au sérieux.

Article original publié sur BFMTV.com

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