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Le remaniement d’Emmanuel Macron et Gabriel Attal touche à sa fin : les trois enjeux des dernières nominations

Ces trois enjeux de la suite (et fin) du remaniement en font un moment plus important qu’il n’y paraît (photo d’illustration du gouvernement prise le 16 janvier).
LUDOVIC MARIN / AFP Ces trois enjeux de la suite (et fin) du remaniement en font un moment plus important qu’il n’y paraît (photo d’illustration du gouvernement prise le 16 janvier).

POLITIQUE - Et les ministres complémentaires, sont… L’exécutif va procéder, dans les heures à venir, à une nouvelle vague de nominations pour étoffer le premier gouvernement de l’ère Gabriel Attal. Au total, une quinzaine de ministres délégués et secrétaires d’État vont rejoindre une équipe « resserrée » de 14 personnalités en exercice depuis le 11 janvier.

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Cette liste, potentiellement dévoilée en début de semaine selon les derniers échos de presse, sera le clap de fin d’un remaniement amorcé depuis les premiers jours de 2024 et le renvoi d’Élisabeth Borne de Matignon. Par conséquent, les enjeux sont nombreux.

Qui pour s’occuper du ministère du Logement ? Celui de la Santé ? Et celui des Transports, à six mois des Jeux olympiques de Paris ? En plus du sujet des postes restés vacants depuis trois semaines, au grand dam des professionnels des secteurs concernés, Gabriel Attal et Emmanuel Macron sont attendus sur plusieurs questions précises pour cette dernière mouture.

Rééquilibrer les forces

La première d’entre elles réside dans la place accordée à la fameuse aile gauche de la Macronie, tant les différentes étapes de ce remaniement lui ont été défavorables. Avec, dans l’ordre chronologique : la confirmation des poids lourds issus des Républicains et l’arrivée de plusieurs figures sarkozystes au gouvernement, une conférence de presse suivie d’une déclaration de politique générale articulées autour de totems droitiers, puis l’abandon de l’ambition écologiste présidentielle en rase campagne.

À tel point que certains ont même agité en coulisses l’éventualité de créer un groupe tendance social-démocrate au Palais Bourbon pour imposer un contrepoids à ce dispositif toujours plus orienté. Sans suite, pour l’instant. En attendant, le sort des personnalités de l’aile gauche les plus visibles au gouvernement, Olivier Dussopt et Olivier Véran, éjectés du Travail et du porte-parolat, comme celui de Clément Beaune aux Transports, semble scellé.

Cette dernière vague de nominations est donc l’occasion pour le couple exécutif de faire émerger de nouveaux visages venus de cette tendance et continuer ainsi, à faire vivre le « en même temps ». Ou, autre hypothèse : de confirmer un peu plus sa mue à droite.

Soigner les alliés

Dans ce contexte, l’autre question prégnante concerne à nouveau les perdants de la première vague du remaniement : les alliés du président de la République. Le MoDem et Horizons font entendre à voix basse leur mécontentement depuis le 11 janvier. Édouard Philippe s’est dit « surpris » de la composition du gouvernement tandis que les proches de François Bayrou plaident ouvertement pour une meilleure représentation dans les ministères.

Il faut dire que le gouvernement des 14 leur a été défavorable. Le parti centriste comptait quatre de ses membres dans l’effectif d’Élisabeth Borne. Il n’en a plus qu’un à l’heure actuelle : Marc Fesneau à l’Agriculture. Même chose pour le parti d’Édouard Philippe, qui passe de trois ministres à un actuellement : Christophe Béchu à la Transition écologique. Tous deux attendent donc de pied ferme les nouvelles nominations pour se compter. Nul doute qu’ils sauront se faire bruyants (et gênants) en cas de nouvelle déception.

Parmi les rééquilibrages scrutés, on pourrait également évoquer celui en faveur des territoires, alors que dix ministres sur une quinzaine sont Franciliens. Ou bien celui concernant les sénateurs, puisque Gabriel Attal a jusque-là préféré recruter à l’Assemblée nationale. Mais ces enjeux ne sont rien, sinon pas grand-chose, par rapport au cas Oudéa-Castéra.

Solder le cas Amélie Oudéa-Castéra

C’est l’une des questions les plus sensibles de ce dernier acte : que faire de la ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse, des Sports et des Jeux olympiques et paralympiques, empêtrée dans des polémiques à répétition depuis qu’elle a récupéré ce portefeuille géant ? Officiellement, l’énarque de 45 ans « a la confiance » d’Emmanuel Macron et de Gabriel Attal, selon les mots, dimanche, de la ministre chargée des Relations avec le Parlement, Marie Lebec.

En coulisses, son sort fait l’objet de nombreuses spéculations. Le nouveau Premier ministre n’aurait que peu apprécié la voir saboter, en quelques phrases sur la scolarisation de ses enfants, le lien qu’il avait commencé à retisser avec les enseignants lors de son passage rue de Grenelle. Au Parlement, « la grande majorité des députés (Renaissance) l’ont lâchée et pensent que c’est fini », fait valoir un élu du camp présidentiel à l’AFP, mais « la psychologie » du président sur ce sujet reste « insondable ».

Dernier épisode avant le baisser de rideau : François Bayrou, le président du MoDem a été relaxé ce lundi dans le procès des assistants d’eurodéputés. Une décision judiciaire qui éclaircit son horizon politique. Et qui, par conséquent, n’est pas de nature à calmer les rumeurs sur son retour au gouvernement, lui qui avait occupé le poste de ministre de l’Éducation nationale entre 1993 et 1997. Les jeux sont ouverts (pour encore quelques heures).

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