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Refus d'obtempérer à Chelles : le procureur n'a pas observé de "contact matériel" entre la police et le scooter

Jean-Baptiste Bladier, procureur de la République à Meaux (Seine-et-Marne), s'est exprimé ce dimanche 10 décembre lors d'une conférence de presse à la suite de la mort d'un passager d'un scooter âgé de 17 ans vendredi 8 décembre à Chelles après un refus d'obtempérer.

"Il n'y a pas eu de choc, de contact matériel, entre le véhicule de la BAC et le scooter", assure Jean-Baptiste Bladier, procureur de la République à Meaux (Seine-et-Marne) à BFMTV ce dimanche 10 décembre, après avoir tenu une conférence de presse.

Cette déclaration fait suite au visionnage d'un enregistrement "techniquement de grande qualité", réalisé grâce à une "caméra embarquée sur un véhicule de police, autre que le véhicule de la BAC".

Le procureur souligne qu'une "exploitation plus précise" de la vidéo sera nécessaire pour déterminer les causes exactes de la mort du passager du scooter de type 125 cm3 après un refus d'obtempérer à un contrôle de police vendredi 8 décembre.

"Le véhicule de police était extrêmement proche, au contact, mais il n'y en a pas eu au sens matériel, du scooter", détaille-t-il.

L'enregistrement que le procureur de la République a visionné ne commence pas au début de la poursuite puisqu'il provient d'un véhicule de police qui rejoint celui de la BAC.

Vitesse rapide et chaussée mouillée

"Cet enregistrement est suffisamment parlant pour se rendre compte de ce qu'il s'est passé au moment critique", affirme Jean-Baptiste Bladier.

L'accident s'est produit sur un axe comprenant quatre voies de circulation avec, au niveau du choc, un terre-plein en béton surélevé empêchant le scooter de passer des deux voies de circulation sur la droite aux deux voies de circulation du sens opposé.

Sur les deux voies où l'accident s'est produit, le véhicule de la BAC était "plutôt sur la voie de gauche" et pratiquement à la hauteur du scooter, qui était "plutôt sur la voie de droite".

Sur la voie de gauche, deux véhicules étaient à l'arrêt, au feu, l'un derrière l'autre. Le procureur de la République explique que sur cette vidéo, où la chaussée est bien éclairée, "on perçoit de manière indiscutable que la vitesse de circulation du scooter est élevée".

Le conducteur n'avait pas de vue sur la voie de droite "du fait d'une légère courbe de la route, et de la présence d'un chantier sur la droite, dont les palissades masquaient un peu la vue de cette voie", décrit le procureur.

Du fait des palissades et de cette courbe, le procureur pense que le conducteur n'a pas vu qu'il pouvait passer par la voie de droite, qui était libre, en contournant par la droite les deux véhicules.

Grâce à la lumière du feu stop à l'arrière du scooter, il apparaît que le conducteur a voulu s'arrêter en "amont du feu mais beaucoup trop tardivement".

"Dans les derniers mètres, avant les deux véhicules arrêtés au feu rouge, le véhicule tente de freiner puis bascule sur la droite et vient s'encastrer sous le deuxième véhicule arrêté au feu", rapporte Jean-Baptiste Bladier.

Pour le procureur, "la vitesse, la distance de freinage trop courte et la présence d'une forte humidité sur la route" sont vraisemblablement des éléments expliquant l'accident.

Le conducteur inconnu de la justice

Aux termes des premières vérifications annoncées par le procureur, "le conducteur n'avait pas de permis pour la conduite d'un 125 cm3". "Vraisemblablement, le scooter n'était pas la propriété de l'un des deux jeunes hommes", a également indiqué le procureur.

Le passager mort dans l'accident avait trois antécédents judiciaires: des mesures alternatives de type "rappel à la loi, stage de citoyenneté pour des faits mineurs de type vol ou usage de stupéfiants", indique le procureur à BFMTV.

Le conducteur du scooter est lui totalement inconnu des services de justice. Il est actuellement toujours hospitalisé et son pronostic vital est engagé.

Deux enquêtes ont été ouvertes sous l'autorité du parquet de Meaux. La première, confiée au commissariat de Chelles-Villeparisis, pour le refus d'obtempérer. La deuxième, confiée à l'IGPN, pour homicide et blessures involontaires.

Le procureur a également indiqué que les policiers n'étaient pas en garde à vue. Ils seront auditionnés après les éléments techniques en cours.

Article original publié sur BFMTV.com

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