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La reconversion d'Olivier Véran fait hurler de nombreux médecins

L'ancien ministre de la Santé avait annoncé reprendre la blouse après son départ du gouvernement. Il ne redeviendra pas neurologue, mais s'oriente vers la chirurgie plastique.

Olivier Véran, qui a annoncé reprendre la blouse après son départ du gouvernement, ne redeviendra pas neurochirurgien. (Photo by Ludovic MARIN / AFP)
Olivier Véran, qui a annoncé reprendre la blouse après son départ du gouvernement, ne redeviendra pas neurologue. (Photo by Ludovic MARIN / AFP)

Adieu la neurologie, bonjour la médecine esthétique. Olivier Véran avait annoncé après son départ du gouvernement, en janvier dernier, que la médecine lui manquait. Ministre de la Santé propulsé sur le devant de la scène durant la pandémie du Covid, l'ancien neurologue a rapidement annoncé son intention de revêtir la blouse une fois par semaine une fois libéré de ses obligations gouvernementales, en parallèle de son mandat de député de l'Isère.

Olivier Véran a levé le voile sur son avenir professionnel dans un entretien accordé au Figaro, dimanche 17 mars. L'ancien ministre de la Santé, qui a constaté de lui-même le manque de moyens à l'hôpital public, affirme qu'il ne reprendra pas la neurologie qu'il exerçait à Grenoble, en raison des craintes d'une relation avec ses malades biaisée en raison de son passé de ministre.

Un changement pour "aider les gens à se sentir mieux dans leur peau"

L'ancien porte-parole du gouvernement a donc décidé d'abandonner sa spécialité de base pour s'orienter vers la médecine esthétique, rapporte le quotidien. Un changement de spécialité qui nécessite une formation, qu'il suit à la Clinique des Champs-Élysées, à raison d'un jour par semaine.

Une nouvelle spécialité pour "aider les gens à se sentir mieux dans leur peau, dans leur corps", "à se réparer après une maladie", explique-t-il au Figaro. Un changement radical dans la pratique de la médecine qu'il justifie par le fait que la neurologie a "trop changé à ses yeux", ce qui suscite un vent de colère chez de nombreux professionnels de santé.

Il quitte la neurologie alors que les délais d'attente sont élevés

"Comment vous dire... affligeant", dénonce Arnaud Chiche, anesthésiste réanimateur médiatisé pendant le Covid et fondateur du Collectif Santé en Danger. "Argument fallacieux pour ne pas reprendre son métier de neurologue. Plutôt que de se former à la médecine esthétique, Véran aurait pu utiliser le même temps pour se remettre à niveau dans sa spécialité", dénonce de son côté Christophe Prudhomme, Médecin Samu 93, et conseiller régional apparenté LFI.

Un choix tout particulièrement pointé du doigt alors que sa spécialité d'origine, comme de nombreuses autres, manque de personnel, ce qui entraine d'importants délais d'attente.

Une question d'argent ?

Pour le docteur Jérôme Marty, président du syndicat UFML-S (Union française pour une médecine libre), ce choix est guidé par l'argent. En effet, un détour par le site de la clinique des Champs-Élysées permet de se rendre compte des tarifs de la médecine esthétique : 450 euros pour redonner du volume au visage, 330 euros pour hydrater la peau et entre 2800 et 8900 euros pour une augmentation des fessiers.

"Quelle image cela donne-t-il?"

Dernier élément qui fait particulièrement polémique, les modalités d'obtention du diplôme d'Olivier Véran, qui confie au Figaro espérer avoir obtenu trois diplômes de la faculté de santé de Créteil d'ici à l'été. "16 jours de formation sur place et en parallèle on peut obtenir 3 DU (diplôme universitaires) ? Quelle image cela donne-t-il ? Sincèrement ? Sans partisianisme. En pleine convention En pleine crise de l’hôpital et du libéral...", s'interroge Jérôme Barrère, oncologue.

Un nouveau choix d'orientation qui pourrait être l'objet de critiques de la part des oppositions, puisqu'Olivier Véran est toujours membre de la majorité et député.