RATP : Hidalgo et plus de 200 élus alertent Borne sur la privatisation

Photo d’illustration prise le 10 novembre 2022 à Paris, lors d’une journée de grève de la RATP pour réclamer une hausse des salaires.
ALAIN JOCARD / AFP Photo d’illustration prise le 10 novembre 2022 à Paris, lors d’une journée de grève de la RATP pour réclamer une hausse des salaires.

POLITIQUE - Un processus de privatisation « dangereux voire fou ». Plus de 250 élus de gauche demandent à Élisabeth Borne le report de l’ouverture à la concurrence du réseau de transports en Île-de-France, prévu début 2025 pour les bus, estimant que ce processus a déjà un impact sur les difficultés actuelles de la RATP.

Dans une lettre ouverte adressée à la Première ministre ce lundi 2 janvier des maires dont Anne Hidalgo, ou des élus parlementaires et locaux comme Olivier Faure (PS), Mathilde Panot (LFI), ou Sandrine Rousseau (EELV), lui demandent de « surseoir (au) processus de privatisation pour l’ensemble des transports d’Île-de-France » en « intervenant » auprès de Valérie Pécresse, présidente LR de la région Île-de-France et de son autorité régulatrice des transports, Île-de-France Mobilités (IDFM).

« Une répercussion sur la qualité de l’offre de transport »

Valérie Pécresse a « souhaité l’ouverture au secteur privé des lignes de bus aujourd’hui exploitées par la RATP », opérateur public dont l’État est l’unique actionnaire, « sans consultation des usagères et usagers, ni des salariés des transports, ni des élus franciliens », estiment les signataires.

Ils craignent notamment « une dégradation sensible des conditions de travail des personnels avec un risque de répercussion immédiate sur la qualité de l’offre de transport » alors que les usagers dénoncent déjà une dégradation du service. « La mise en concurrence et les conditions de travail actuelles et futures affectent gravement la qualité de service et la sécurité des usagers » défendent-ils.

Confrontée à des difficultés de recrutement, un absentéisme préoccupant, des grèves et des problèmes de maintenance du matériel, la RATP peine depuis plusieurs mois à faire circuler correctement ses autobus et métros, avec pour conséquence des temps d’attente parfois très longs et des véhicules bondés. À ce contexte difficile s’ajoute la hausse de la tarification des titres de transport.

Dans ses vœux diffusés samedi, Valérie Pécresse a promis que les pénalités « exceptionnellement fortes » que la RATP va devoir verser pour cause de service défaillant seraient reversées en compensation aux usagers.

Le calendrier défini par IDFM pour les bus « coïncide » avec l’organisation des JO, soulignent également les élus de gauche pour qui il s’agit là d’un argument supplémentaire contre un « grand saut dans le moins-disant social et dans l’inconnu organisationnel ».

Valérie Pécresse reste « défavorable par principe au report de l’ouverture à la concurrence » qui serait « injuste pour les voyageurs : c’est se priver d’une meilleure qualité de service dans Paris. La concurrence, c’est bon pour les clients » juge-t-elle dans une réaction transmise par son entourage à l’AFP.

Sur le plan social, IDFM a préparé « un cahier des exigences sociales unique en Europe pour rassurer les agents et leur garantir que la concurrence ne se ferait pas au détriment de la qualité de vie au travail », rappelle aussi l’entourage de la présidente de région.

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