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Le rapport de la Cour des comptes sur les stations de ski jugé « grossier » et « tapageur » par ces dernières

Station de ski à Val Thorens dans les Alpes. Les stations de ski n’ont pas du tout apprécié le rapport « grossier » et « tapageur » de la Cour des comptes. Photo d’illustration
HASSAN AYADI / AFP Station de ski à Val Thorens dans les Alpes. Les stations de ski n’ont pas du tout apprécié le rapport « grossier » et « tapageur » de la Cour des comptes. Photo d’illustration

SKI - Un rapport qui fait grincer des dents, à quelques jours des vacances d’hiver. La Cour des comptes a tiré, ce mardi 6 février, la sonnette d’alarme concernant l’avenir du modèle économique du ski français, « à bout de souffle » et dont les politiques d’adaptation face au changement climatique « restent en deçà des enjeux ».

Les stations de ski vont-elles disparaître avec le réchauffement climatique ?

« Les projections climatiques font état d’une accentuation à moyen terme » du réchauffement en montagne, souligne en particulier la Cour des comptes. « Toutes les stations de ski seront plus ou moins touchées à l’horizon de 2050 » et seules « quelques stations pourraient espérer poursuivre une exploitation au-delà de cette échéance ».

Or, déplore la Cour des comptes, « les politiques d’adaptation menées par les acteurs de la montagne reposent essentiellement sur la production de neige » qui a « un effet à court terme » car « son coût est important et son efficacité tend à se réduire avec la hausse des températures ».

Sans oublier « l’impact de la production de neige sur les ressources en eau », qui paraît « sous-estimé dans de nombreux territoires », souligne le rapport. « Il serait nécessaire que les autorisations de prélèvement d’eau destinées à la production de neige tiennent davantage compte des prospectives climatiques ».

Passer à un autre schéma

« Il faut que les stations passent à un autre schéma qui consiste à avoir de vrais projets et à se projeter sur les vingt, trente années futures. Ce n’est pas évident », a expliqué à la presse Bernard Lejeune, président de la Chambre Régionale des Comptes Auvergne-Rhône-Alpes.

Quant aux actions de diversifications d’activités, elles « sont rarement adossées à un véritable projet », juge la Cour des comptes. « Réalisées au fil de l’eau, elles tendent souvent à reproduire le modèle du ski, fondé sur des investissements importants et une forte fréquentation sans plan d’affaires permettant d’établir leur pertinence économique ». Autre problème : « Les initiatives des collectivités territoriales, sont peu coordonnées entre elles ».

« Il faut très clairement changer de vision, mettre en place une nouvelle gouvernance, élargir la focale, trouver des ressources […] pour arriver à un modèle plus diversifié, qui soit un modèle “quatre saisons” et pour tout type de station », a expliqué à la presse le président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici.

Un accueil glacial

Les stations de ski ont fraîchement accueilli le rapport. Dans leur réponse publiée dans le rapport, les Domaines skiables de France (DSF) accusent la Cour de « formulations généralistes » qui « renvoient à une formulation grossière voire tapageuse de l’analyse ». Si les DSF reconnaissent que le changement climatique « assombrit » l’avenir de certaines stations de montagne, elles jugent aussi qu’« il en existe de nombreuses autres dont les marchés, la santé financière, les perspectives d’enneigement et les stratégies donnent confiance en l’avenir ».

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