Rafle du Vel'd'Hiv' : chronique d'un crime programmé

Francois GOUDIER/GAMMA-RAPHO/Gamma-Rapho via Getty Images

En plein été, sur ordre des Allemands, la police française arrête 13 152 Juifs. Une tache sur l'honneur de la France. Une tragédie.

Le 11 juin 1942, le SS Dannecker, responsable de la répression antijuive en France, est chargé, par ses supérieurs, de l’étape française de la « solution finale », l’extermination des Juifs. Tout est prêt : depuis octobre 1940, grâce à la rigueur de l’administration française, un fichier recense 330 000 Juifs dans le pays, parmi lesquels 180 000 de nationalité étrangère ou apatrides que la loi du 4 octobre 1940 autorise à arrêter. On connaît leurs noms, âges, adresses.

Ainsi, 149 734 vivaient à Paris au début de l’Occupation, parmi lesquels 85 664 Français. Depuis le 8 juin 1942, une ordonnance allemande les oblige à porter solidement cousue à leur veste une étoile jaune qu’ils ont pu se procurer au commissariat en trois exemplaires contre un point de carte textile.

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En quelques jours, leurs conditions de vie se sont considérablement dégradées. Déjà, ils n’avaient plus le droit d’exercer certaines professions, comme celle de professeur ou de journaliste. Avocats, médecins, étudiants tombaient sous le coup d’un numerus clausus. La moitié de la population juive se trouve sans activité professionnelle. Bientôt, les lieux publics, théâtres, cinémas, restaurants, bibliothèques, stades, jardins, leur sont interdits, comme certains ­autobus et la plupart des wagons du métro. Ils n’ont plus le droit de se présenter chez les commerçants sauf après tout le monde, de 15 heures à 16 heures, quand les maigres étals sont définitivement vides. Pourtant, ils ignorent qu’ils n’ont pas encore connu le pire.

L'ogre réclame 100 000 Juifs, y compris en zone libre

Il y a eu à cette date en France 9 000 hommes juifs déportés, toujours en représailles.(...)


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