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La raffinerie de Donges, contrôlée par Total Énergies, mise à l’arrêt pour « corrosion et fuites »

Un employé de Total Energies marche dans la raffinerie de pétrole de Donges, dans l’ouest de la France, le 8 septembre 2023. La raffinerie de Donges est la deuxième raffinerie de France
LOIC VENANCE / AFP Un employé de Total Energies marche dans la raffinerie de pétrole de Donges, dans l’ouest de la France, le 8 septembre 2023. La raffinerie de Donges est la deuxième raffinerie de France

FRANCE - L’information est d’abord venue d’un représentant de la CGT de TotalEnergies, avant d’être confirmée par la direction. La raffinerie de Donges, la deuxième plus grande de France, a été mise « entièrement à l’arrêt depuis plus d’une semaine ». Située près de Saint-Nazaire, en Loire-Atlantique, la raffinerie fait face à des problèmes de « corrosion et de fuites », a indiqué Fabien Privé Saint-Lanne, secrétaire général de la CGT au sein de la raffinerie.

Dans la foulée, ce samedi 2 mars, la direction de la raffinerie a affirmé que « l’arrêt des installations a été décidé par les équipes de la raffinerie afin de réaliser des réparations nécessaires consécutives à des corrosions sur une unité et à un bouchage sur une seconde. »

« Fuites, corrosion, et tuyauterie à refaire »

D’après Fabien Privé Saint-Lanne, « actuellement, il y a des problèmes de corrosion et des fuites, un bouchage sur un four (...) mais aussi 32 000 kilomètres de tuyauterie à refaire » sur ce site Seveso au seuil haut. Les fuites ne représentent pas de risque pour l’environnement du site, a-t-il assuré, estimant que la raffinerie reprendra ses activités « dans un mois, à la fin mars ».

Ce vendredi, la préfecture de la Loire-Atlantique avait publié un arrêté préfectoral portant sur une mise en demeure de « TotalEnergies Raffinage France exploitant la raffinerie de Donges ». La Dreal est notamment chargée de « l’exécution » de cet arrêté, dont le non-respect peut entraîner des « poursuites pénales ». La moitié des installations de la raffinerie était déjà à l’arrêt depuis mi-décembre, à la suite d’une autre mise en demeure de la préfecture de la Loire-Atlantique qui enjoignait à TotalEnergies « de respecter les dispositions (...) pour les tuyauteries ».

« L’ensemble de ces actions représente actuellement des dépenses de l’ordre de 50 millions d’euros par an », a indiqué vendredi TotalEnergies, disant avoir « mis en place des moyens très conséquents pour assurer la sécurité (des) installations » du site.

Retards de salaires, fonctionnement à moindre coût…

Pour Fabien Privé Saint-Lanne, l’arrêt de la raffinerie est au contraire dû à « une politique d’entretien et de maintenance à moindre coût ». « Les salariés sont en sous-effectif et travaillent 12, parfois 16 heures d’affilée (...) ce qui est dangereux », a déploré le représentant syndical. Le géant français n’a pas versé de salaire depuis décembre à une vingtaine de salariés étrangers, dont neuf Ukrainiens, a également dénoncé la CGT dans un communiqué vendredi, évoquant « une forme d’esclavage moderne ».

La direction de la raffinerie a affirmé samedi veillé « avec la plus grande vigilance à ce que l’ensemble des éléments de rémunération des contractants travaillant sur (son) site soient dûment versés, en particulier lorsqu’il s’agit de sous-traitance de rang 2 ».

La plateforme de Donges, qui occupe une surface de près de 350 hectares et où travaillent 650 salariés, est la deuxième raffinerie de France, après celle de Normandie, selon le site internet de TotalEnergies. Elle a une capacité de traitement de 11 millions de tonnes de pétrole brut par an, pour une capacité de stockage de 2,2 millions m3 (pétrole brut et produits finis), d’après la même source.

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