Le radiotélescope Noema inaugure ses 12 antennes pour observer "l'Univers froid"

Sonia COLLAVIZZA © CNRS Images-2022

Après huit années de travaux, l'instrument phare de l'Institut de radioastronomie millimétrique est inauguré ce vendredi 30 septembre 2022 sur le plateau de Bure, dans les Alpes. En passant de 6 à 12 antennes, il devient l'instrument le plus puissant de l'hémisphère nord, pour l'observation de l'Univers "froid" et lointain.

Pour le randonneur non averti lancé à l’assaut du plateau de Bure, dans le massif alpin du Dévoluy, l’arrivée à destination risque de surprendre. Après avoir gravi un raidillon sévère, il découvre, à 2.550 mètres d’altitude, 12 paraboles de 15 mètres de diamètre tournées vers le ciel. S’il patiente un peu, il pourra même les voir bouger en chœur, pointant une nouvelle cible invisible dans le ciel azur. Elles constituent l’observatoire Noema (NOrth Extended Millimeter Array), le plus puissant radiotélescope millimétrique de l’hémisphère nord. Ce vendredi 30 septembre 2022, il célèbre officiellement son passage de 6 à 12 antennes, après huit années de travaux.

Voir les étoiles en train de naître, ou de mourir

Ce fleuron de l’Iram (Institut de radioastronomie millimétrique), qui possède également une antenne de 30 mètres de diamètre à Pico Veleta dans le sud de l’Espagne, observe l’Univers dans une gamme de longueur d’onde allant de 0,8 mm à 3,5 mm, soit une fréquence de 80 à 350 gigahertz. "Cela correspond à la « lumière » émise par l’Univers froid, juste quelques degrés au-dessus du 0 absolu [-273°C], résume pour Sciences et Avenir Frédéric Gueth, directeur adjoint de l’Iram. C’est celle des vastes nuages moléculaires s’étirant entre les étoiles. Noema, dans sa précédente configuration, et l’Iram ont ainsi découvert près de la moitié des 120 molécules identifiées dans le milieu interstellaire. Le domaine millimétrique révèle aussi les étoiles naissantes dans leur cocon de gaz, ou mourantes après qu’elles ont expulsé leur enveloppe de gaz." Noema traque également les galaxies très lointaines, même si elles ne sont pas glacées. Comme celles-ci s’éloignent de nous d’autant plus vite qu’elles sont loin (une conséquence de l’expansion de l’Univers), leur lumière est fortement décalée vers les grandes longueurs d’ondes. Même si elles émettent dans le visible, nous les voyons donc dans le domaine des ondes radios. L’instrument ambitionne ainsi de saisir des galaxies située[...]

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