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Rachida Dati veut-elle fermer des écoles d’art ? La ministre précise sa déclaration très critiquée

La ministre de la Culture a provoqué la stupeur au sein de l’enseignement supérieur artistique après des propos tenus à l’Assemblée nationale.

POLITIQUE - Histoire d’un brouillon. La ministre de la Culture, Rachida Dati, assure ce samedi 23 mars que la fermeture de certaines écoles d’art en crise, évoquée cette semaine lors d’une audition à l’Assemblée nationale, au grand dam des concernés, n’est pas « un objectif » mais un « risque. »

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« J’ai évoqué la fermeture d’écoles d’art territoriales non comme un objectif mais comme un risque si l’ensemble des partenaires ne se mobilisent pas », explicite-t-elle dans un communiqué, en ajoutant : « je ne veux répondre à la crise (...) ni par une stratégie générique qui méconnaîtrait le détail des situations, ni par des réponses uniquement d’urgence qui ne régleraient pas les questions de fond. »

Changement de ton

Devant les députés, mardi 19 mars, Rachida Dati a évoqué les 99 écoles d’enseignement supérieur culturel publiques, notamment « certaines de ces écoles d’art, en particulier pour les écoles territoriales, qui sont en situation de crise, malgré l’engagement confirmé de l’État. »

« Il faut cesser avec la politique des bouts de ficelle » qui ne « résout aucun problème de fond », avait-elle souligné, invoquant « de l’argent public très mal dépensé » et plaidant pour « des écoles performantes, avec les mêmes chances de réussite, et la même ouverture à tous ». « S’il faut fermer certaines écoles » n’ayant plus « les moyens d’offrir un cadre de qualité, peut-être que ça peut être le cas », avait-elle poursuivi, s’en remettant aux « instances d’évaluation » dédiées.

Léger changement de ton, quatre jours plus tard. Fondées « par les villes où elles sont ancrées », les écoles d’art territoriales ont toujours bénéficié du soutien du ministère, qui « a augmenté de 14 % ces dix dernières années », a fait valoir Rachida Dati samedi en affirmant qu’« elles sont au cœur de (sa) réflexion pour l’avenir », en raison notamment de leur « utilité sociale avérée ». « C’est ensemble que nous pourrons pérenniser et renforcer » leur « rôle clé » pour « un service public de l’enseignement culturel supérieur », insiste la ministre de la Culture dans son communiqué.

« Un côté précipité qui fait peur »

Il faut dire que ces mots, mardi, ont suscité la stupeur au sein de l’enseignement supérieur artistique, et des organisations étudiantes. « Ces annonces, à peine vingt-quatre heures (après un rendez-vous avec son cabinet ndlr) et alors que Rachida Dati se targue d’avoir mis en place un dialogue social, nous ont laissés sans voix. Il y a un côté précipité qui fait peur », expliquait Florian Gaité, membre du Snéad « Syndicat national des écoles d’art et de design, à Libération en fin de semaine.

« Revenez à la raison », avait de son côté exhorté l’Unef (Union nationale des étudiants de France), sur les réseaux sociaux en affirmant que les étudiants « ne sont pas à sacrifier sur l’autel des coupes budgétaires. »

Ce n’est pas la première fois que l’avenir de ces écoles pose problème. La prédécesseure de Rachida Dati rue de Valois, Rima Abdul Malak, avait accordé en mars 2023 une aide d’urgence aux 33 écoles supérieures d’art territoriales, qui accueillent quelque 8 400 étudiants, et lancé une mission sur leurs « défis structurels ». Cette dernière avait souligné en octobre les « marges de manœuvre inexistantes » pour des établissements aux budgets réduits à leur minimum.

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