Rachel Khan : « Il ne suffit pas d’énoncer la République pour qu’elle advienne »

Propos recueillis par Clément Pétreault
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Rachel Khan à la montée des marches du Festival de Cannes le 16 mai 2018.
Rachel Khan à la montée des marches du Festival de Cannes le 16 mai 2018.

Elle ne s'arrête jamais. Rachel Khan est actrice, ancienne championne d'athlétisme, codirectrice d'un centre de hip-hop, visiteuse de prison? La voici depuis janvier présidente de la commission jeunesse et sports de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra). Née d'un père gambien et d'une mère juive polonaise, cette quadragénaire engagée dans la lutte contre le racisme et les discriminations aurait tout pour devenir une icône intersectionnelle? « Sauf que ça ne fonctionne pas pour la partie juive », fait-elle remarquer non sans ironie. Alors que le texte de loi de réaffirmation des principes républicains est en débat à l'Assemblée nationale, elle rappelle la nécessité de mener un combat antiraciste, laïque et universaliste, loin des batailles amères menées par un nouvel antiracisme persuadé de pouvoir réactiver la notion de race sans réveiller les idéologies qui l'accompagnent.

Le Point : Vous êtes en charge de la commission jeunesse et sport au sein de la Licra. Diriez-vous que la laïcité est encore une valeur dans ces milieux ou a-t-elle été un peu oubliée ?

Rachel Khan : Elle a été mise à mal et un peu négligée par un certain nombre de dirigeants d'associations, c'est très clair. Je ne veux évidemment pas généraliser, mais on est en train de prendre conscience du fait que la laïcité et les valeurs de la République restent largement méconnues. C'est le cas dans de multiples associations notamment sportives, mais parfois aussi cul [...] Lire la suite