Les réseaux sociaux renforcent la solitude, selon cette étude

Parmi les personnes insérées dans au moins deux « réseaux de sociabilité », le taux de solitude atteint encore 17%.
Yaraslau Saulevich / Getty Images/iStockphoto Parmi les personnes insérées dans au moins deux « réseaux de sociabilité », le taux de solitude atteint encore 17%.

SOCIETE - 11 millions de personnes en France, soit 20 % des plus de 15 ans, se sentent seules, et 80 % en souffrent, selon une étude publiée lundi 23 janvier, qui appelle à « déstigmatiser » la solitude pour encourager les personnes concernées à demander de l’aide.

Même une « vie sociale dense » ne protège pas du sentiment de solitude, insistent les auteurs du rapport sur les « fragilités relationnelles » publié par la Fondation de France à l’occasion de la Journée mondiale des solitudes.

Ainsi, parmi les personnes insérées dans au moins deux « réseaux de sociabilité », comme des membres de la famille qui ne vivent pas sous le même toit, les amis, les voisins, les collègues de travail ou une association, le taux de solitude atteint encore 17 %. Certains sont en effet « objectivement entourés mais estiment que la qualité et la nature de leurs liens sont insuffisantes ou source de souffrance ».

Les personnes au foyer plus à risque d’isolement

Plus une personne est pauvre, plus ses liens sociaux se fragilisent, soulignent les auteurs de l’étude, basée sur une enquête auprès d’un échantillon de près de 3 400 internautes et sur des entretiens approfondis avec des personnes accompagnées par des associations spécialisées.

Les personnes au foyer - des femmes la plupart du temps - ou dépourvues de diplôme sont également plus susceptibles de se sentir isolées, car « le travail domestique à temps plein accentue la sensation de retrait du monde social » et « les métiers peu qualifiés (...) comportent une faible valeur ajoutée en matière relationnelle », relève l’étude.

La solitude touche aussi davantage les parents solos - souvent des mères -, ou les personnes vivant ou ayant vécu en collectivité - dans des foyers sociaux, ou en prison, par exemple. Le phénomène peut être aggravé par les difficultés de certains publics, comme les seniors, à maîtriser les outils numériques.

La solitude renforcée par la « surconsommation » de réseaux sociaux

À l’inverse, il peut être renforcé par une « surconsommation » des réseaux sociaux : « Carole a 282 amis, 221 followers, 325 contacts pros, mais personne pour l’accompagner en cas de coup dur », résume l’association spécialisée Astrée, citée dans le rapport. Or, les personnes concernées ont parfois du mal à reconnaître leurs difficultés : « S’auto-définir comme seule, c’est difficile », résume Élisabeth, 57 ans, divorcée et chômeuse, qui a participé à l’étude.

Pour les encourager à « en parler, demander de l’aide », il faut donc « déstigmatiser » la solitude, mais aussi encourager les publics concernés en favorisant leur « émancipation » et leur « participation », affirment les auteurs du rapport. Car « le bénévolat, ça équivaut au moins à quatre Lexomil », témoigne Élisabeth.

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