Publicité

"La République est absente dans bien des domaines": le maire de Grigny alerte Emmanuel Macron

"La République est absente dans bien des domaines": le maire de Grigny alerte Emmanuel Macron

En tant que maire de Grigny (Essonne), Philippe Rio ne participera pas à l"initiative politique d'ampleur" organisée par Emmanuel Macron ce mercredi à 15h, celle-ci étant réservée aux chefs des partis représentés au Parlement. Pour autant, l'édile communiste, élu meilleur maire du monde en 2021 a tenu à alerter le président de la République au micro de BFMTV-RMC.

S'il avait été convié, il lui aurait dit "la même chose que ce que nous lui disons depuis 2017": certes "dans les villes populaires" comme "dans tout le pays, il y a des forces remarquables, une jeunesse qui ne demande qu’à vivre pleinement la République", mais celle-ci est "absente dans bien des domaines", relève-t-il, avançant au passage un "besoin d'égalité dans le pays".

À ce titre, Philippe Rio estime que "l'école accélère les inégalités aujourd'hui". L'élu avance ainsi que dans sa ville 46% d'enfants sortent du système scolaire sans diplôme". Et d'insister:

"La promesse républicaine ne peut pas exister lorsqu'il y a des fractures aussi importantes."

"Cohésion"

Le maire PCF évoque ensuite le sujet de la "cohésion de la Nation", qui doit être abordé par Emmanuel Macron et ses invités lors de leur réunion. Pour lui, il faut mettre la pauvreté au cœur de ce débat. "Plus il y a de pauvreté, plus la France va se fracturer", souligne-t-il.

Cette problématique est particulièrement présente dans sa ville, considérée comme la plus pauvre de France par l'Observatoire des inégalités. "On a un problème de nutrition, de santé publique", indique Philippe Rio, précisant que malgré l'instauration du repas à un euro à la cantine dans sa ville - et parfois "même un peu moins" en fonction des ménages - cela reste "encore trop cher" pour certaines familles.

Dans pareille situation, que mangent les enfants chez eux questionne Apoline de Malherbe sur BFMTV-RMC? "Du pain par exemple ou des chips", répond l'édile.

Pour ce qui est de "l'autorité", un mot qui revient très régulièrement dans la bouche du chef de l'Etat ces derniers jours, "il faut qu'elle soit bienveillante et juste", juge Philippe Rio, qui tacle ceux qui "saut[ent] sur [leur] chaise comme [des] cabri[s] en disant 'il faut de l'autorité'". Dénonçant "les discours politiques qui visent à fragmenter", il martèle: "Notre pays ne sera fort que si la jeunesse de nos quartiers participe pleinement à son avenir".

Article original publié sur BFMTV.com