La rémunération demandée par Orcel à UniCredit fait polémique

par Valentina Za, Maria Pia Quaglia et Simon Jessop
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LA RÉMUNÉRATION DEMANDÉE PAR ORCEL À UNICREDIT FAIT POLÉMIQUE

par Valentina Za, Maria Pia Quaglia et Simon Jessop

MILAN (Reuters) - Les actionnaires d'UniCredit doivent se prononcer jeudi sur la nomination d'Andrea Orcel au poste d'administrateur délégué de la banque mais ses prétentions en matière de rémunération sont loin de faire l'unanimité.

Le débat rappelle des souvenirs à l'ancien cadre d'UBS puisque le même sujet l'avait empêché il y a un peu plus de deux ans de prendre les rênes de Santander et avait entraîné une bataille judiciaire entre lui et la banque espagnole.

Les actionnaires voteront en assemblée générale sur une rémunération proposée pouvant atteindre 7,5 millions d'euros par an.

C'est nettement moins que les plus de 30 millions de dollars qu'Andrea Orcel touchait plus tôt dans sa carrière chez Merrill Lynch mais c'est davantage que ce que gagnent Charlie Nunn, le nouveau directeur général de Lloyds, et la plupart des patrons de grandes banques européennes, soulignent des analystes.

L'Italien de 57 ans est bien plus gourmand que le patron sortant d'UniCredit, le Français Jean-Pierre Mustier, et une prime en actions allant jusqu'à 5 millions d'euros, soit le double du salaire fixe, a du mal à passer auprès de certains actionnaires.

Les sociétés de conseil aux actionnaires Institutional Shareholder Services et Glass Lewis soutiennent toutes deux la nomination d'Andrea Orcel mais ont recommandé de rejeter la rémunération proposée.

Un avis que partage le fondateur de Frontis Governance, Sergio Carbonara.

"Le paquet de mesures proposé est déconnecté du cadre actuel, qui appelle à la sobriété, et sans rapport avec la rémunération du patron précédent", dit-il.

Frontis a conseillé aux actionnaires de voter contre la rémunération proposée et s'attend à ce qu'elle soit rejetée, ajoute-t-il.

Deux actionnaires parmi les 30 premiers de la banque italienne ont déclaré à Reuters, en demandant l'anonymat, que leurs fonds voteraient également contre.

Plusieurs actionnaires ont toutefois fait savoir qu'ils voteraient positivement.

Il appartiendrait à Andrea Orcel de décider quoi faire si la proposition de rémunération devait être rejetée par les actionnaires, a déclaré un porte-parole d'UniCredit.

La deuxième banque d'Italie est à la recherche d'un nouveau patron depuis que Jean-Pierre Mustier a annoncé le 30 novembre dernier qu'il démissionnerait après s'être opposé au conseil d'administration sur la stratégie.

L'action UniCredit perd plus de 1% à la Bourse de Milan mercredi à la mi-séance.

(Version française Patrick Vignal, édité par Bertrand Boucey)