Régionales: clôture du dépôt des listes pour le premier tour du scrutin

·4 min de lecture
Un électeur glisse son bulletin de vote dans l'urne, le 15 mars 2020 à Cucq (Pas-de-Calais), au premier tour des élections municipales - Ludovic Marin © 2019 AFP
Un électeur glisse son bulletin de vote dans l'urne, le 15 mars 2020 à Cucq (Pas-de-Calais), au premier tour des élections municipales - Ludovic Marin © 2019 AFP

Grandes manoeuvres et tractations de coulisses pour le premier tour des élections régionales du 20 juin se sont achevées formellement ce lundi à midi, avec la clôture du dépôt des listes, qui marque un point d'étape avant l'ouverture de la campagne officielle le 31 mai.

Paca, le feuilleton d'une alliance LR-LaREM

Sur les 13 régions métropolitaines, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur et son président sortant Les Républicains (LR) Renaud Muselier remporte la palme du suspense. Quinze candidats de la majorité présidentielle seront finalement présents sur les 135 noms de la liste qu'il a dévoilée vendredi, mais pas la secrétaire d'Etat Sophie Cluzel, ex-cheffe de file de La République en marche (LaREM), qui a apporté son "soutien" à Renaud Muselier.

Pour le président sortant, il s'agissait d'élaborer la meilleure formule pour battre le candidat du Rassemblement national (RN) Thierry Mariani (lui-même ex-LR), donné vainqueur selon plusieurs sondages.

L'annonce début mai d'une alliance entre LR et LaREM par le Premier ministre Jean Castex, avait provoqué un véritable psychodrame au sein des Républicains, Christian Estrosi et Hubert Falco claquant même la porte du parti.

"Pas d'accord d'appareil avec LaREM", ni ministres ni députés LaREM sur sa liste: Renaud Muselier estime avoir tenu ses engagements envers sa famille politique. Mais le feuilleton n'est peut-être pas terminé, puisque plusieurs responsables LR ont demandé à leur parti de retirer son soutien à Renaud Muselier.

Une quinzaine de ministres au front

Rien que dans les Hauts-de-France, ils sont cinq membres du gouvernement, dont les deux poids-lourds Eric Dupond-Moretti et Gérald Darmanin, à se lancer pour tenter de troubler le duel annoncé entre le président sortant Xavier Bertrand (ex-LR) et le RN. Outre les ministres de la Justice et de l'Intérieur, Alain Griset et Agnès Pannier-Runacher ont rejoint la liste LaREM menée par le secrétaire d'Etat chargé des Retraites Laurent Pietraszewski.

La présidente du Rassemblement national Marine Le Pen sera, elle, candidate aux départementales dans le canton d'Hénin-Beaumont.

Début mai, un sondage Ipsos donnait Xavier Bertrand en tête des intentions de vote aux régionales à 35%, devant la liste RN emmenée par Sébastien Chenu (32%), la liste d'union de gauche de l'écologiste Karima Delli à 20% et celle de Laurent Pietraszewski à 10%.

Un scrutin qui s'annonce difficile pour LaREM

Alors que le scrutin s'annonce difficile partout pour les troupes d'Emmanuel Macron, ils seront cinq membres du gouvernement aussi sur la liste LaREM en Île-de-France, où la présidente sortante Valérie Pécresse (ex-LR, Libres!) fait la course en tête dans les sondages devant le numéro 2 du RN, Jordan Bardella, les trois candidats de gauche - Audrey Pulvar (PS), Clémentine Autain (LFI-PCF), Julien Bayou (EELV) - et le LaREM Laurent Saint-Martin.

Marlène Schiappa est tête de liste à Paris, Amélie de Montchalin, tête de liste dans l'Essonne, Emmanuelle Wargon, numéro 2 dans le Val-de-Marne et Nathalie Elimas, tête de liste dans le Val-d'Oise. Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, se présente lui à la dernière place dans les Hauts-de-Seine.

Sont également candidats aux régionales les MoDem Marc Fesneau (Centre-Val-de-Loire) et Geneviève Darrieussecq (Nouvelle-Aquitaine). Sébastien Lecornu et Brigitte Bourguignon se sont eux alignés pour les départementales.

"C'est absolument fondamental que des ministres aillent se confronter au suffrage universel", a estimé Marlène Schiappa en présentant sa liste lundi matin.

2022, le 3e tour

Le sort de Xavier Bertrand peut peser lourd pour Emmanuel Macron. Officiellement candidat à la présidentielle de 2022, l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy a annoncé qu'il se retirerait de la vie politique en cas d'échec aux régionales.

Il a affirmé dimanche dans un entretien au JDD que "le seul objectif d'Emmanuel Macron est de faire élire le RN" dans sa région, en "poursuivant froidement et cyniquement sa stratégie pour affronter Marine Le Pen au second tour de la présidentielle".

En Île-de-France, Valérie Pécresse a elle aussi fait de sa réélection à la tête de la région la condition d'une éventuelle candidature à l'Elysée en 2022. Et comme Xavier Bertrand, elle exclut de s'allier avec LaREM après le premier tour, même s'il y avait un risque qu'elle soit battue au second tour le 27 juin.

Article original publié sur BFMTV.com

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles