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Réforme des retraites: ce qu'il s'est dit lors de la réunion de crise à l'Élysée

La Première ministre Élisabeth Borne quitte l'Elysée, à Paris, le 23 janvier 2023.
 - Ludovic MARIN / AFP
La Première ministre Élisabeth Borne quitte l'Elysée, à Paris, le 23 janvier 2023. - Ludovic MARIN / AFP

Cette réunion qui dessine l'avenir politique du pays. Après une première réunion matinale, les principaux ministres, les chefs de parti et de groupe à l'Assemblée nationale étaient à nouveau réunis autour du chef de l'État jeudi à la mi-journée.

Ce jeudi matin, les personnes participant à la réunion étaient majoritairement pour un vote sur la réforme des retraites, selon les informations de BFMTV. C'est la question que le gouvernement doit trancher: un vote sur le texte est prévu dans l'après-midi à l'Assemblée nationale, où une majorité en faveur de la réforme est très incertaine. Face à ce doute, le gouvernement hésitait à utiliser le 49.3, un dispositif constitutionnel qui permet l'adoption d'un projet de loi sans vote des députés.

Une "crise politique" en cas de 49.3

Selon un participant de la réunion de ce matin, le moins mauvais des scénarios est un vote perdu, "car on peut reconstruire derrière", a-t-il affirmé à BFMTV.

"Il vaut mieux une crise politique en cas de défaite qu’en cas de 49.3", a-t-il ajouté.

Opposition et syndicats sont vent debout contre un recours au 49.3, qui serait un "vice démocratique" dans cette configuration selon le patron de la CFDT, Laurent Berger.

De nombreux ministres étaient présents à l'Élysée pour cette deuxième réunion: Gérald Darmanin (Intérieur), Gabriel Attal (Comptes publics), Sébastien Lecornu (Armées), Bruno Le Maire (Economie), Franck Riester (Relations avec le Parlement), Olivier Dussopt (Travail) et bien sûr la Première ministre, Élisabeth Borne. L'Élysée a toutefois assuré à l'AFP qu'il ne s'agissait pas d'un Conseil des ministres, dont le feu vert serait nécessaire pour actionner le 49.3.

Borne assume d'être "un fusible" en cas de 49.3

Le recours à ce dernier était au coeur des tergiversations à l'Élysée. Un ministre de premier plan a plaidé qu'un 49.3 pourrait entraîner une motion de censure menée par Les Républicains et Liot, qui aurait des chances d'aboutir avec les voix de la Nupes et du RN. Une motion de censure adoptée entraîne la démission du gouvernement.

Mais au fur et à mesure de la réunion, de plus en plus de participants ont plaidé pour un 49.3. Selon les informations de BFMTV, seuls Gérald Darmanin, Stéphane Sejourné (chef du parti présidentiel Renaissance), Aurore Bergé (cheffe des députés Renaissance) et le Modem ont poussé pour un vote à l'Assemblée, malgré les risques de rejet.

Même Élisabeth Borne, au départ favorable à un vote, a semblé changer d'avis, assumant d'être "un fusible" en cas de 49.3, selon un participant. Elle doit revoir Emmanuel Macron une dernière fois avant la séance de l'Assemblée L'issue finale de ces discussions devrait être connue dans les prochaines heures.

Article original publié sur BFMTV.com