Sur la réforme des retraites, l’hypothèse d’un départ à 64 ans tient la corde

Emmanuel Macron et Élisabeth Borne, le 8 septembre 2022 à Marcoussis.
MICHEL EULER / AFP Emmanuel Macron et Élisabeth Borne, le 8 septembre 2022 à Marcoussis.

POLITIQUE - Et s’il n’y avait plus de suspense ? La réforme des retraites doit être dévoilée mardi 10 janvier par la Première ministre Élisabeth Borne et avec elle la décision de l’exécutif sur le recul de l’âge légal. 65 ans ou 64 ans avec une mesure complémentaire ? Quarante-huit heures avant l’officialisation, cette dernière option est privilégiée.

Dès le 3 janvier, Élisabeth Borne affirmait que le départ à 65 ans n’était pas un « totem ». Le lendemain, à l’issue d’une réunion à Matignon, le leader de la CFTC Cyril Chabanier disait au HuffPost « mettre une pièce » sur les 64 ans. Et selon plusieurs médias ce dimanche 7 janvier, l’exécutif a effectivement tranché en ce sens.

Sauf changement de dernière minute, c’est bien un départ à 64 ans couplé avec une accélération de la hausse de la durée de cotisations que la Première ministre devrait proposer au Parlement, selon nos confrères de TF1/LCI comme ceux de L’Opinion. Selon ces derniers, l’accélération du nombre d’annuités nécessaires se fera par tranche de trois mois par génération, au lieu d’un trimestre tous les trois ans aujourd’hui.

La pression de la droite

Tout autre scénario aurait compliqué les choses pour l’exécutif. Privé de majorité absolue à l’Assemble et désireux d’éviter un 49.3, le compromis ne peut passer que par une alliance avec la droite. Ce dimanche, le ministre délégué aux Comptes Public Gabriel Attal s’est d’ailleurs directement adressé à la droite dans le JDD : « Accompagnez une réforme que vous avez appelée de vos vœux, parce que, comme nous, vous la savez nécessaire », enjoint-il.

Conscient de leurs positions de force, les Républicains ont fixé leurs conditions de vote : un départ à 64 ans en remaniant la loi Touraine. Dans le Journal du Dimanche, le patron de LR Éric Ciotti a proposé une réforme en deux temps, avec d’abord un relèvement de l’âge légal de départ à 63 ans en 2027 puis 64 ans en 2032. La droite souhaite également la rétroactivité de la revalorisation à 1 200 euros des petites retraites, « une des conditions de notre vote », met en garde Éric Ciotti.

Si ces demandes sont entendues, le patron des Républicains est prêt à voter une réforme « juste » et assure tout mettre en œuvre pour que ces pairs parlementaires fassent de même.

Une réforme via le budget de la Sécu ?

Auprès du Parisien, Matignon indique que « d’ultimes arbitrages et points de calage seront discutés ce dimanche » avec les ministres concernés par la réforme. Car au-delà de la mesure d’âge, les craintes des syndicats et des oppositions portaient aussi sur l’emploi des seniors ou encore la pénibilité au travail.

Sur le premier point, le gouvernement envisagerait un « index » dans les entreprises, sur le modèle de l’égalité femme-homme, avec l’obligation de négocier un accord en cas « d’absence de communication » sur les chiffres. Sur la pénibilité, le ministre du Travail Olivier Dussopt assure avoir « répondu » aux syndicats réformistes, évoquant « un suivi médical renforcé » pour les « risques ergonomiques ». Aurore Bergé, présidente des députés Renaissance, appelle aussi dans Le Parisien à la prise en compte des « trimestres d’apprentissage » entre 16 et 18 ans pour « un départ anticipé ». Le minimum vieillesse à 1 200 euros pourra aussi être rediscuté dans l’hémicycle, a lancé entendre la Première ministre Élisabeth Borne sur franceinfo à la rentrée.

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En revanche, le véhicule législatif utilisé pour présenter le texte semble lui quasi-arrêté. Le 4 janvier, le ministre du Travail Olivier Dussopt a reconnu qu’il y avait « une probabilité forte » pour que cela réforme passe par le projet de loi de financement rectificative de la sécurité sociale, un choix très avantageux pour l’exécutif.

Tout d’abord, parce qu’étudié via un texte budgétaire, l’examen au Parlement ne pourra pas excéder 50 jours, ce qui permettrait une adoption rapide et une entrée en vigueur dès l’été, selon les vœux d’Emmanuel Macron. Ensuite, si jamais le vote LR ne se déroulait pas comme espéré, la Première ministre pourrait engager son onzième 49.3 sur un texte budgétaire, tout en conservant cet atout dans sa manche pour d’autres projets de loi sensibles.

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