Sur la réforme des retraites, cette demande de Bayrou ne va pas plaire à Le Maire

Francois Bayrou photographié lors d’un discours Guidel, dans le Morbihan (illustration)
FRED TANNEAU / AFP Francois Bayrou photographié lors d’un discours Guidel, dans le Morbihan (illustration)

POLITIQUE - Peut mieux faire pour François Bayrou. Au lendemain de la présentation de la réforme des retraites par Élisabeth Borne, le patron du Modem, allié de la majorité, n’est pas totalement satisfait. Il continue de réclamer une participation des entreprises, via une hausse des cotisations patronales, pour atteindre l’équilibre du système de retraites, au risque de fâcher le gouvernement farouchement opposé.

« Il ne s’agit pas de faire contribuer les patrons mais les entreprises, qui contribuent déjà pas mal. J’ai chiffré cet effort à environ 0,7% de la masse salariale, alors qu’elle va augmenter en moyenne de plus de 5% », insiste François Bayrou sur LCI ce mercredi 11 janvier.

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Le gouvernement a catégoriquement exclu toute mesure susceptible de faire augmenter le coût du travail. Néanmoins, pour que « chacun prenne sa part », « nous demanderons aux employeurs une contribution supplémentaire pour le financement de la retraite », a précisé Élisabeth Borne. «Symétriquement, la cotisation des employeurs au régime des accidents du travail et des maladies professionnelles, qui est très excédentaire », sera revue à la baisse.

François Bayrou a salué un « pas » dans sa direction. Néanmoins, cela reste insuffisant à ses yeux et il compte sur les députés MoDem pour porter ce débat lors de l’examen du texte. « Le débat existe dans le pays et à l’intérieur de la majorité. On peut avoir des débats, ce n’est pas interdit, c’est même souhaitable », défend-t-il.

Pas sûr que le gardien des Finances publiques Bruno Le Maire l’entende de cette oreille. À plusieurs reprises, le ministre de l’Économie a dit son opposition à toute mesure susceptible d’alourdir le coût du travail pour les employeurs. Selon lui, il faudrait augenter de 36 euros par mois les cotisations patronales pour arriver à l’équilibre.

Sur franceinfo ce mercredi matin, le porte-parole du gouvernement Olivier Véran l’a aussi évacué, arguant qu’une telle mesure conduirait à terme à « casser de l’emploi ». « Si vous augmentez d’un point les cotisations des entreprises pour financer les retraites - c’est ce qu’il faudrait à peu près pour équilibrer une partie du dispostif- vous cassez 150.000 à 200.000 emplois », affirme Olivier Véran. « Si vous détruisez 150 000 emplois, ça veut dire verser plus d’allocations chômages et donc ça va coûter à la Sécu », argue-t-il.

« Je sais très bien que le gouvernement n’est pas de cet avis et mon idée nest pas de le gêner. Mon idée est de chercher la solution pour que dans les semaines à venir, on puisse regarder s’il y a des marges de progrès », maintient le patron du Modem pour défendre sa proposition.

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