Réforme des retraites 2023 : ce qu’il faut retenir des annonces du gouvernement

La Première ministre Élisabeth Borne a présenté la réforme des retraites ce mardi 10 janvier.

Âge légal, suppression des régimes spéciaux… La Première ministre Élisabeth Borne a présenté en conférence de presse la nouvelle réforme des retraites.

RETRAITES - Après de multiples reports, la controversée réforme des retraites du gouvernement a finalement été présentée aux Français par le Première ministre Élisabeth Borne lors d’une conférence de presse ce mardi 10 janvier.

« Justice », « équilibre » et « progrès social », sont les maîtres-mots de ce projet cher au président de la République et qui faisait partie de son programme à la dernière présidentielle, selon la Première ministre. Avec un objectif clair pour la tête de l’État : retrouver « l’équilibre du système de retraite à l’horizon 2030 ».

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De l’âge légal de départ à 64 ans à l’accélération du rythme de la réforme Touraine… Voici donc ce qu’il faut retenir des annonces du gouvernement :

L’âge légal de départ à la retraite repoussé à 64 ans

C’était sans doute l’annonce la plus attendue. Le projet de réforme présenté par Élisabeth Borne prévoit le recul de l’âge légal de départ à 64 ans, dès l’horizon 2030. Il sera donc progressivement repoussé d’un trimestre par an. En clair, il sera de 63 ans et 3 mois à la fin du mandat d’Emmanuel Macron, et de 64 ans trois ans plus tard.

Pour les travailleurs handicapés, la réforme maintient un âge de départ à 55 ans et à 62 ans (mais toujours à taux plein), pour les personnes en situation d’invalidité ou d’inaptitude. Les salariés atteints de maladie professionnelle ou victimes d’un accident du travail, pourront quant à eux partir deux ans avant l’âge légal.

Un dispositif « plus juste » pour les carrières longues et les femmes

Les carrières longues seront prises en compte dans le nouveau système de retraites. Les départs seront possibles à partir de 58 ans dans le cas d’un début de carrière avant 16 ans, 60 ans avant 18 ans, ou encore 62 ans avant 20 ans. « Aucune personne ayant commencé à travailler tôt » ne sera « obligée de travailler plus de 44 ans », a précisé l’exécutif dans un dossier de presse.

« Nous rendrons le dispositif carrières longues plus juste, notamment pour les femmes », a encore expliqué la cheffe du gouvernement lors de la présentation de son projet de réforme. « Avant ce projet, les périodes de congé parental n’étaient pas prises en compte dans la durée pour en bénéficier. Cela sera désormais le cas », a-t-elle affirmé. Ainsi, « davantage de Français seront concernés par le dispositif », soit au total 1 sur 5 « arrivant à la retraite dans les prochaines années », a-t-elle précisé.

Accélération de la réforme Touraine

La réforme présentée par Élisabeth Borne prévoit qu’il faille valider 43 ans de cotisations en 2027 pour obtenir une retraite à taux plein. C’est une forme d’accélération de la réforme des retraites votée sous François Hollande et entrée en vigueur en 2020, qui prévoyait d’augmenter la durée de cotisation nécessaire d’un trimestre tous les trois ans. Avec pour objectif d’atteindre progressivement 43 annuités, soit 172 trimestres.

Suppression des régimes spéciaux

La réforme des retraites « actera l’extinction des principaux régimes spéciaux », a indiqué la Première ministre, Élisabeth Borne. « Les nouveaux embauchés à la RATP, dans la branche industries électriques et gazières et à la Banque de France » seront notamment affiliés au régime général pour la retraite, a précisé la cheffe du gouvernement.

Le gouvernement appliquera toutefois la « clause du grand-père ». C’est-à-dire que « seuls les nouveaux embauchés recrutés à compter du 1er septembre 2023 dans les régimes spéciaux concernés seront affiliés au régime général ». Une exception au système général est néanmoins prévue pour les professions libérales et avocats ainsi que pour les marins, l’Opéra de Paris, et la Comédie Française.

La pension minimum revalorisée pour les retraités futurs et actuels

Le minimum de pension sera fixé à 85% du Smic net, « soit près de 1.200 euros par mois dès cette année », pour les futurs retraités ayant une carrière complète. La Première ministre a indiqué avoir « décidé d’intégrer » au projet également « la revalorisation des pensions des retraités actuels ayant eu une carrière complète au niveau du Smic », soit « près de deux millions de petites retraites ».

Précisant que cette mesure serait discutée avec les parlementaires, « en particulier » le groupe LR, Elisabeth Borne a dit que son « objectif » était de la voir figurer dans le projet de loi qui sera présenté en Conseil des ministres le 23 janvier.

Un index des seniors dans chaque entreprise

« Le taux d’emploi des séniors en France est révoltant », considère le ministre de l’Économie Bruno Le Maire. C’est pourquoi chaque entreprise de plus d’un millier de salariés devra renseigner le taux d’emploi des seniors en son sein. « Un index sera créé pour les entreprises de plus de 1.000 salariés pour vérifier le taux de personnes âgés employées », a indiqué la Première ministre Élisabeth Borne.

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