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"La référence, ce sont les hommes": Borne explique qu'"il y a encore beaucoup de clichés" sur les femmes en politique

Élisabeth Borne est revenue sur la place des femmes dans la vie politique, en ce 8 mars, journée internationale des droits des femmes. Interrogée sur RTL, sur le chemin qui reste à parcourir pour atteindre l'égalité avec les hommes, la prédécesseure de Gabriel Attal à Matignon a rappelé que les femmes restaient "encore peu nombreuses dans les comités de direction et les comités exécutifs", ainsi que "dans les sciences".

"Et puis en politique, je pense qu'il y a encore beaucoup de clichés", a-t-elle ajouté. Avant de citer un exemple pour appuyer ses propos.

"Dans les noms qui ont circulé pour me remplacer, je note qu'il n'y avait que des noms d'hommes. Il n'y a pas eu le nom d'une seule femme."

"C'est un peu comme si les commentateurs se disaient: écoutez, on vient d'avoir pendant 20 mois une femme Première ministre, ça va, ça s'est fait. Donc on reprend une vie normale, et donc le prochain sera un homme", a poursuivi la députée Renaissance.

"En permanence comparée à des hommes"

Revenant sur son passage à Matignon, de mai 2022 à janvier 2024, Élisabeth Borne a rappelé les comparaisons dont elle a pu faire l'objet avec des dirigeants politiques masculins.

"Sur la façon, par exemple, dont vous faites le tour du Salon de l'agriculture. On dit que Jacques Chirac, lui, il mangeait sa tête de veau, il buvait de la bière. Donc vous êtes comparée à des codes masculins en permanence."

L'ex-Première ministre est aussi revenue sur les commentaires au sujet de ses déjeuners avec le président Emmanuel Macron. "J'ai pu lire que c'était ennuyeux parce qu'avec Jean Castex, on mangeait des entrecôtes", a-t-elle déploré. Et de conclure : "La référence, ce sont les hommes."

Elisabeth Borne va plus loin encore, en estimant que la gent masculine défend ainsi sa place dans le paysage politique. "Je pense que les hommes en politique ont tout intérêt à imposer des codes masculins, comme cela, ça élimine la concurrence."

Article original publié sur BFMTV.com