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Le réchauffement climatique a un effet inattendu sur les papillons

Une équipe britannique vient de mettre en lumière l’étonnante plasticité phénotypique des papillons Myrtil (Maniola jurtina) en réponse au changement climatique. Les chrysalides femelles qui se développent à des températures plus élevées ont moins d’ocelles, ce qui les rend plus difficiles à voir dans l’herbe sèche.

Les ailes des papillons sont fascinantes. Si les motifs colorés dont se pare cet insecte volant servent au camouflage, à la dissuasion, à l’imitation ou encore à la parade nuptiale, ils peuvent aussi évoluer en réponse à la hausse des températures. C’est l’étonnante découverte réalisée par une équipe de scientifiques britanniques, qui a constaté que les femelles papillons Myrtil (Maniola jurtina) dont les chrysalides s’étaient développées à 11°C présentaient en moyenne six taches, tandis que celles qui s'étaient développées à 15°C n'en présentaient que trois.

Leurs travaux, publiés le 17 janvier 2024 dans la revue Ecology and Evolution, montrent que la variation des taches est due à la capacité du papillon à réagir à la hausse des températures. Cette découverte remet en question les opinions scientifiques de longue date sur les raisons pour lesquelles les papillons ont un nombre variable de taches.

Le papillon Myrtil a un camouflage qui s’adapte

Le Myrtil est un papillon commun brun orangé que l’on trouve de mai à octobre dans les prairies et les jardins, partout en France et en Europe. Ses ailes antérieures sont ornées de grandes taches arrondies appelées ocelles, destinées à avertir et à effrayer les prédateurs. Quant aux ailes postérieures du Myrtil, elles présentent des taches plus petites qui lui permettent de se camoufler lorsqu’il se repose dans l'herbe sèche.

Une femelle Myrtil (Maniola jurtina) avec trois taches sur l\'aile postérieure Crédit : Professor Richard ffrench-Constant
Une femelle Myrtil (Maniola jurtina) avec trois taches sur l\'aile postérieure Crédit : Professor Richard ffrench-Constant

Un papillon femelle Myrtil (Maniola jurtina) avec trois taches sur l’aile postérieure. Crédits : Professor Richard ffrench-Constant

"Ces taches sur les ailes postérieures sont moins nombreuses lorsque les femelles sont exposées à des températures plus élevées pendant leur stade nymphal (dans une chrysalide, ndlr)", explique à Sciences et Avenir le professeur Richard ffrench-Constant de l’Université d’Exeter (Royaume-Uni) et co-auteur de l’étude.

Pour en apporter la démonstration, il lui a fallu collecter des papillons Myrtil mâles et femelles provenant du même champ en Cornouailles, tous les jours pen[...]

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