Quichotte à la folie : Salman Rushdie modernise le chevalier de Cervantès

·1 min de lecture

Cela se sait peu chez les mollahs iraniens qui l'ont condamné à mort pour blasphème en 1989, mais ­Salman Rushdie est un garçon plein d'humour! Il le prouve en réécrivant Don Quichotte : rien de moins que LE livre qui inventa l'ironie en littérature. Et en reprenant le canevas de sa quête amoureuse délirante et néanmoins chevaleresque. Petit rappel : paru au tout début du XVIIe siècle en Espagne, le Don Quichotte de Cervantès conte les mésaventures d'un chevalier devenu légèrement frappadingue à force de lire des chansons de geste où des héros vainquent à eux seuls des armées entières avant de passer sept ans tout nus sur un rocher pour prouver leur amour à leur belle.

Suivant leur exemple, Don Quichotte se lance dans une quête, au nom d'une certaine Dulcinée qu'il n'a jamais vue mais imagine noble et parée de grâces absolues – on apprendra plus tard que la vraie Dulcinée est une solide paysanne championne du salage de cochon… Le Quichotte de ­Rushdie, lui, est un citoyen américain d'aujourd'hui nommé Ismail Smile. Au début du roman, il travaille comme commercial dans l'entreprise pharmaceutique de son cousin, qui vend des opioïdes. Il regarde aussi beaucoup trop la télévision. Résultat : atteint de quichottisme aigu, Ismail s'éprend d'une vedette du petit écran, Salma, comme lui d'origine indienne, et se convainc qu'il parviendra à la conquérir. Et, comme il est très fort pour ­s'autopersuader, il se flanque bientôt d'un fils ­imaginaire, qu'il baptise bien sûr Sancho.

Le c...


Lire la suite sur LeJDD