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Qu’est-ce que la “sextorsion” qui menace de plus en plus de jeunes ?

Ce phénomène encore peu connu tend à se développer en même temps que les applications d’intelligence artificielle.

Les 14-17 ans sont les plus ciblés par la sextorsion (crédit : getty image)
Les 14-17 ans sont les plus ciblés par la sextorsion (crédit : getty image)

De l’argent pour ne pas divulguer des photomontages intimes. C’est tout le principe de la “sextorsion”, contraction des mots “sexe” et “extorsion”. Une vingtaine de plaintes a été recensée en Espagne pour ce type de faits en septembre dernier. Le mode opératoire des auteurs de ces fausses images repose sur la manipulation de photos de jeunes filles mineures. Ils se servent d’une application d’intelligence artificielle (IA) "pour placer leurs visages sur les corps (dénudés) d’autres personnes", détaille un porte-parole de la police espagnole à l’Agence France-Presse (AFP).

“Quand je suis arrivée à la maison, l’une de mes filles, m’a dit avec un dégoût énorme, ‘regarde ce qu’ils ont fait’ (…) Ils avaient pris une photo d’elle et l’avaient montée comme si elle était nue (…) à l’aide d’intelligence artificielle”, témoigne l’une des mères de victimes espagnoles sur Instagram, Miriam Al Adid. Une autre mère explique à la télévision que sa fille de 12 ans a reçu une demande de rançon pour que les photomontages ne soient pas diffusés.

Comment réagir à la sextorsion ?

Pour l’heure, il est difficile de quantifier les victimes de cette forme de racket encore nouvelle. L’Office des mineurs (Ofmin) a constaté une forte accélération des signalements : plus de 470 % en un an, passant de 1 174 en 2022 à 5 549 en 2023. Mais ce chiffre pourrait être sous-estimé. Les auteurs visent souvent de jeunes victimes, âgées de 14 à 17 ans, qui sont prises au dépourvu et ne savent pas toujours comment réagir face à ce chantage.

Elle “a beau savoir qu’elle n’a jamais envoyé ces images, elle est seule, perdue et voit seulement les répercussions d’une telle diffusion, précise Véronique Béchu, cheffe du pôle stratégie de l’organisme français chargé de lutter contre les infractions les plus graves commises à l’encontre des mineurs, au Parisien. À partir du moment où elle a payé, c’est fini. Les auteurs de l’infraction vont sans arrêt réclamer de l’argent.” Une victime met en moyenne une trentaine de minutes à payer.

Les rançons de départ peuvent démarrer autour d’une centaine d’euros et grimper au fur et à mesure. Pour ne pas se retrouver piégé, les autorités recommandent de parler de la “sextorsion” autour de soi, de prendre de capture écran et de bloquer le compte à l'origine de la menace. Le 3018, numéro d’écoute dédié au harcèlement, peut aussi être une oreille de bon conseil pour les victimes.

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