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"Qu'est-ce que j’ai fait ?" : un ancien boucher dépèce et fait bouillir sa victime

Devant le juge, le criminel a dit regretter d'avoir tué et caché le corps d'un homme lors d'un crime "ignoble".

La victime, Georges Meichler, vivait reclus dans une maison au milieu des bois (image d'illustration : Getty images)
La victime, Georges Meichler, vivait reclus dans une maison au milieu des bois (image d'illustration : Getty images)

"C'est un homme qui se bat pour retrouver son humanité", assure son avocat, Maitre Luc Abratkiewicz. Son client, Philippe Schneider, a commis un crime qui a marqué la vallée du Tarn en février 2023.

Le 5 février plus précisément, un homme de 60 ans s'évapore : Georges Meichler, dit "Diego", est déclaré disparu par sa fille et son ex-compagne à Saint-Sernin-sur-Rance, en Aveyron. Ce père de famille divorcé vivait reclus dans un bois de Brasc, dans une maison en pierre sans eau ni électricité, raconte Centre Presse Aveyron. Les habitants de son village le connaissaient comme un mordu de pétanque, qui fabriquait son miel avec ses propres ruches et "ne posait pas de problème", selon le maire de Brasc.

Le boucher et le fossoyeur s'occupent du corps

Quelques jours après le signalement, la police retrouve son corps, calciné. "Diego" a été tué, démembré et les parties de son corps bouillies. Très vite, rapporte le Midi Libre, trois suspects sont arrêtés et passent aux aveux : Philippe Schneider, sa compagne Nathalie, et un troisième homme, un fossoyeur d'une trentaine d'années.

Les deux hommes se sont rendus chez Diego, pensant qu'il revendait de la drogue, pour lui voler du cannabis. Ils le ligotent et le baîllonnent, fouillent en vain la maison et découvrent peu après que "la victime est morte, étouffée par son baillon".

Par la suite, Philippe Schneider, ancien boucher, découpe le cadavre et fait mariner les morceaux de corps avec de la javel, des légumes et des herbes "pour masquer l'odeur", avant de disséminer le tout dans le jardin, dans une optique bouddhiste de réincarnation, d'après sa religion. La police retrouve les restes de Diego et les trois suspects sont mis sous les barreaux.

"Qu’est-ce qui nous a pris ? Qu'est-ce que j’ai fait ?"

Un an après l'arrestation, Philippe Schneider, 68 ans, est comparu ce 26 janvier devant le juge de la liberté et de la détention (JLD) de Montpellier. Evoquant des faits "ignobles", il poursuit : "Qu’est-ce qui nous a pris ? Qu'est-ce que j’ai fait ? (...) Comment expliquer un état où on n'avait quasiment plus de libre arbitre, où la folie a entraîné ce qui s'est fait ?"

"L'horreur est parfois au rendez-vous de personnes qui sont totalement dans la normalité. C'est un homme cultivé, avec énormément de valeurs, et qui se retrouve au ban de la société", a exprimé son avocat Maitre Luc Abratkiewicz. La juge d'instruction doit désormais confronter les versions des trois accusés, qu'elle définit comme "mensongères, contradictoires, floues" et rapportera sa décision le 5 février prochain.

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