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Qu'est-ce que l'AfD, le parti d'extrême droite allemand qui met Marine Le Pen et Jordan Bardella dans l'embarras ?

Malgré un déjeuner récemment pris avec eux, Jordan Bardella et Marine Le Pen évitent de mentionner l'AfD, le parti d'extrême droite allemand.

Alice Weidel, qui copréside le parti d'extrême-droite allemand AfD, siège au Parlement européen aux côtés du Rassemblement National (AFP / Michele Tantussi)
Alice Weidel, qui copréside le parti d'extrême-droite allemand AfD, siège au Parlement européen aux côtés du Rassemblement National (AFP / Michele Tantussi)

Ce mardi 20 février, Marine Le Pen et Jordan Bardella se sont entretenus avec Alice Weidel, la co-présidente du parti d'extrême droite allemand AfD ("Alternative pour l'Allemagne"). Un déjeuner qui fait polémique, depuis qu'Alice Weidel s'est félicitée de cette rencontre et d'un "accueil chaleureux" sur les réseaux sociaux. De son côté, le Rassemblement National n'en a pas dit mot.

La "rémigration", le dernier projet de l'AfD qui fait scandale

Et pour cause. Fermement anti-euro et anti-Union européenne, l'AfD s'est à nouveau fait remarquer en janvier dernier par la presse allemande. Elle l'accuse de vouloir pousser des millions de personnes à quitter l'Allemagne avec son projet dit de "remigration".

Un terme qui aurait été évoqué lors d'une réunion tenue secrète, fin novembre 2023, et révélée par la suite par le média d'investigation indépendant "Correctiv". Dans les faits, il s'agit de favoriser l’expulsion des demandeurs d’asile, étrangers et citoyens considérés “non assimilés” sur le territoire, qu’ils détiennent ou non la nationalité allemande.

Après ces révélations, de vives manifestations ont secoué le pays. Dans la foulée, Marine Le Pen a désavoué publiquement ce projet d'expulsion. Au RN, "jamais nous nous n’avons défendu une quelconque “rémigration”, en ce sens que l’on retirerait la nationalité française à des gens qui l’ont acquise, y compris en vertu de conditions que nous contestons", a-t-elle clarifié.

Une alliance entre RN et AfD depuis 5 ans

Pourtant, au Parlement européen, le Rassemblement national siège au même groupe que l'AfD depuis 2019 : "Identité et Démocratie". Leur socle commun, évoqué sur leur site, est, entre autres, la "création d'emplois et la croissance, le renforcement de la sécurité, la lutte contre l'immigration clandestine". "L'Islam ne fait pas partie de l'Allemagne" affirmait notamment le parti d'extrême-droite dans un document politique en 2016.

Créé en 2013 pour s'opposer à la politique européenne de sauvetage de la Grèce, l'Alternative pour l'Allemagne est né comme parti national-conservateur, eurosceptique et anti-immigration. Selon les sondages, il représente désormais la deuxième force politique du pays avec 23% d'intentions de vote pour les élections européennes.

Une ligne "anti-woke" et anti-féministe

Après de nombreux conflits internes en 2020, le parti a radicalisé sa ligne en ajoutant à ses discours anti-immigration et anti-islam des déclarations "anti-woke" (une supposée tendance qu'ils définissent comme une "folie" et une menace) et anti-féministe. "Les hommes et les femmes ne sont pas égaux, même si les recherches sur le genre prétendent le contraire" affirmaient-ils déjà en 2013, comme le relate le Zeit.

Aujourd’hui, l'Alternative pour l'Allemagne revendique plus de 40 000 adhérents, contre 10 000 à sa création. Et plusieurs polémiques de poids. De quoi représenter pour le RN un allié embarrassant, que l'opposition française n'a pas manqué de railler sur les réseaux sociaux.

VIDÉO - Allemagne : manifestations contre la progression de l'extrême droite et du parti de l'AfD