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Quelle est la qualité des eaux des nappes phréatiques, consommées par la majorité des Français ?

Les embouteilleurs d’eau minérale ont été contraints de traiter une ressource brute qui dépassait les normes sanitaires alors que cette pratique leur était interdite. Ce scandale révélé par Le Monde et Radio France révèle l’état insatisfaisant de la qualité des nappes phréatiques de l’Hexagone.

Une eau minérale doit pouvoir être consommée sans aucun traitement éliminant d’éventuels polluants. Avec l’assentiment du gouvernement, tout ou partie des 89 exploitants des sources d’eau minérale en France ont été contraints de procéder à des traitements contre des pollutions bactériennes ou chimiques. Pourtant, ces entreprises, qui vont de la multinationale à la petite société locale, mettent tout en œuvre pour protéger la nappe phréatique dans laquelle elles puisent. Des contrats sont signés avec les agriculteurs du territoire couvrant l’aquifère pour qu’ils évitent tout usage de pesticides et d’engrais chimiques, les zones industrielles et les petites entreprises sont dotées de systèmes antipollution, les stations d’épuration des villes et villages sont renforcées et toutes les nouvelles activités susceptibles de provoquer une pollution sont interdites.

L’eau consommée en France provient pour les deux tiers des nappes souterraines

Malgré ces protections renforcées, ces eaux exceptionnelles ont été altérées par des molécules qui ont atteint des teneurs excédant les normes réglementaires. Qu’en est-il ailleurs, là où les mesures de protection sont moins strictes ? Question essentielle : l’eau consommée en France provient pour les deux tiers des nappes souterraines contre un tiers pour les eaux superficielles.

Les nappes souterraines françaises qui contiennent approximativement 2000 milliards de m3 d’eau sont surveillées depuis les années 1970. De quelques indicateurs bactériens et chimiques (les nitrates notamment), on est passé aujourd’hui à plus de 1000 molécules, certaines suivies régulièrement, d’autres ne faisant l’objet que de vérifications ponctuelles suivant leur probabilité forte ou faible de présence dans l’eau. Adoptée en 2000, la directive cadre sur l’eau (DCE) a fortement augmenté le nombre de substances recherchées au fur et à mesure de ses révisions.

"Quatre familles sont recherchées, précise Benjamin Lopez, hydrogéologue au Bureau de recherche géol[...]

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