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Pourquoi des Tadjiks ont-ils commis l’attentat de Moscou ?

L’URSS a créé ex nihilo le Tadjikistan. Du village Douchanbé – qui signifie « mardi » en tadjik car il s’y tenait un marché ce jour-là – a été faite la capitale.  - Credit:Omri Eliyahu / Shutterstock / Shutterstock / Omri Eliyahu
L’URSS a créé ex nihilo le Tadjikistan. Du village Douchanbé – qui signifie « mardi » en tadjik car il s’y tenait un marché ce jour-là – a été faite la capitale. - Credit:Omri Eliyahu / Shutterstock / Shutterstock / Omri Eliyahu

La question de Montesquieu à propos des Persans – « Comment peut-on être persan ? » – vaut également pour le plus petit pays d'Asie centrale. Un cinquième de la France, une contrée largement inconnue coincée entre la Chine, l'Afghanistan, le Kirghizistan et l'Ouzbékistan, qui a surgi sur le devant de la scène mondiale… à Moscou. Les Tadjiks sont du reste des persanophones, les seuls au milieu de pays très majoritairement turcophones, même si le bilinguisme, voire le trilinguisme, est monnaie courante dans ces territoires.

Pour comprendre l'origine des auteurs présumés de l'attentat commis à Moscou le vendredi 22 mars, il faut remonter justement à Moscou. Voire à Saint-Pétersbourg, quand la Russie tsariste, dans le Grand Jeu l'opposant à l'Angleterre au XIXe siècle, s'empara du nord de l'actuel Tadjikistan en 1864, le grand émirat de Boukhara (actuel Ouzbékistan, avec sa partie orientale qui représente le sud du Tadjikistan) passant peu après sous son protectorat, à la frontière avec l'Afghanistan. Mais de Tadjikistan, il n'était pas encore question.

Le Tadjikistan, une création de Staline

Cette nation ne surgit qu'avec un « commissaire aux nationalités », qui n'est autre que Staline. « La politique systématique de l'URSS a consisté à casser les anciens empires, les anciens espaces de solidarité et de civilisation, en inventant le principe de nationalité », explique l'islamologue Olivier Roy, auteur de La Nouvelle Asie centrale ou la Fabrication des nations (S [...] Lire la suite