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Qu’est-ce que « Défense collective », le mouvement d’ultragauche qui vent d’être dissous ?

Qu’est-ce que « Défense collective », le mouvement d’ultragauche qui vent d’être dissous (Photo de Gérald Darmanin en 2023) ?
SEBASTIEN BOZON / AFP Qu’est-ce que « Défense collective », le mouvement d’ultragauche qui vent d’être dissous (Photo de Gérald Darmanin en 2023) ?

POLITIQUE - Nouvelle dissolution. Le mouvement rennais d’ultragauche Défense collective (DefCo) a été dissous ce mercredi 3 avril en Conseil des ministres, selon le communiqué du Conseil. Cette procédure avait été évoquée il y a un an par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin.

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Dans un entretien au Journal du Dimanche, le locataire de la Place Beauvau avait alors expliqué que ses services avaient « identifié un mouvement nommé Defco qui appelle au soulèvement ». « Nous allons aussi lancer sa dissolution », avait-il ajouté, alors qu’il venait par ailleurs d’enclencher la dissolution du collectif écologiste radical des Soulèvements de la Terre, procédure ensuite annulée par le conseil d’État.

Ce mercredi, Gérald Darmanin se félicite sur les réseaux sociaux de la dissolution du mouvement Défense collective, « conformément aux instructions du président de la République », précise-t-il. Et d’ajouter : « Nous ne laisserons pas les groupuscules radicaux, qu’ils soient d’ultragauche ou d’ultra-droite, semer la haine dans notre pays ».

La cheffe de file de l’opposition Renaissance à la mairie de Rennes Carole Gandon évoque quant à elle une dissolution « plus que bienvenue », assurant que « ces groupuscules sèment le chaos, agressent nos policiers, saccagent les commerces et l’espace urbain et incitent à la haine de nos institutions ».

Un mouvement fondé en 2016

DefCo, fondé en 2016 au moment de la contestation contre la loi El Khomri sur le travail, se présente comme « un groupe entièrement ouvert et public, autonome des organisations politiques, indépendant des commissions et des assemblées », et qui assume « des discours critiques sur la police et la justice ».

Le mouvement défend « une vision émancipatrice de la lutte » grâce à des « ateliers juridiques et stratégiques » ou grâce « à la distribution de matériel de protection et de conseils en manifestation et en assemblées ».

Outre les différents conseils qu’il procure sur son site, sur comment se préparer avant une manifestation ou comment se défendre en cas d’arrestation, il est notamment reproché au collectif des affrontements avec la police lors de plusieurs rassemblements et lors d’un meeting de Jordan Bardella à Bruz, en Ille-et-Vilaine. Ce jour-là, le 25 septembre 2022, des affrontements avaient fait plusieurs blessés, dont un policier.

« Notre dissolution a été prononcée aujourd’hui par le Conseil des Ministres. Comme nous l’avions déjà annoncé dans notre communiqué précédent, nous comptons nous battre contre cette décision via tous les recours possibles », a réagi DefCo sur le réseau social X (anciennement Twitter), en ajoutant : « Nous continuerons de communiquer sur l’évolution de la procédure via nos réseaux ».

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