Pulp Fiction : que pensait la presse cannoise de la Palme d'Or 1994 ?

Emilie Schneider

25 ans après sa Palme d'Or pour Pulp Fiction, Quentin Tarantino rejoindra-t-il le club très fermé des cinéastes doublement palmés à Cannes grâce à Once Upon a Time... in Hollywood ? Le mystère sera levé le 25 mai, jour de cérémonie de clôture du festival. Pour patienter, retour sur l'accueil réservé à Pulp Fiction lors de sa projection en 1994.

Qu'en pensait la presse ?

Claude Baignères / Le Figaro (27/10/94) : "[…] avec un scénario en acier, un dialogue étincelant, […] Quentin Tarantino fait […] de l’excellent cinéma".

Laurent Rigoulet & Philippe Vecchi / Libération (23/05/1994) : "La classe Tarantino. […] Des dialogues à grimper aux rideaux et une manière d'agencer le récit à réveiller les morts".

Philippe Rouyer / Positif (n°405, nov.94) : "Une leçon de cinéma pour rappeler qu’action et rythme survolté n’excluent pas sobriété".

Vincent Rémy / Télérama (26/10/1994) : "[…] en narrateur hilare, Tarantino travaille le temps, le malaxe, comme une pâte molle, et le plie à sa volonté". 

Vincent Ostria / Cahiers du Cinéma (n°485, novembre 94) : "Le ludique Tarantino nous épargne heureusement l'impression d'assister à une simple suite d'épisodes par un agencement un peu anarchique". 

Thomas Sotinel / Le Monde (27/10/94) : "Les grands auteurs de pulp fiction se conformaient aux règles commerciales de leur métier, mais savaient faire passer, comme en contrebande, une vision (Hammett), une morale (Chandler), un désespoir au moins (Thompson). Tarantino est à la fois trop malin et pas assez courageux pour se lancer dans l'aventure". Lire la critique complète.

Duane Byrge / The Hollywood Reporter (23/05/1994) : "Certains des dialogues de Tarantino sont si purs que vous pourriez les couper avec 80% de talc et vous faire un gros pactole en les revendant dans une ruelle. Visuellement, Tarantino a aussi les choses sous contrôle. C'est encore plus fou que dans une pièce remplie de malades mentaux". Lire la critique complète.

Todd McCarthy / Variety (23/05/1994) : "Morceau de pop culture spectaculairement divertissant, Pulp Fiction est l'American Graffiti du film de gangster. Dans la veine de ses débuts avec Reservoir Dogs, Quentin Tarantino poursuit les mêmes mouvements mais sur une toile beaucoup plus grande, contruisant ingénieusement une série d'épisodes qui finissent par se chevaucher, et intégrant l'action toujours par surprise au milieu de dialogues délicieux et de superbes performances d'acteurs". Lire la critique complète.

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Une Palme controversée

Alors tout juste trentenaire, Quentin Tarantino remporte la Palme d'Or des mains de Clint Eastwood, président du jury cette année-là, au nez et à la barbe de Nanni Moretti (Journal intime), Krzysztof Kieslowski (Rouge), Nikita Mikhalkov (Soleil trompeur) ou encore Patrice Chéreau (La Reine Margot). Un prix prestigieux qui permet par ailleurs à Miramax, le studio d'Harvey Weinstein, d'entrer dans la cour des grands. Lors de la remise de la Palme dans le Grand Théâtre Lumière, certains ne manquent pas de huer le réalisateur et son équipe et de crier "quelle daube !", ce à quoi Tarantino répond par un doigt d'honneur. Peu importe : à sa sortie, Pulp Fiction rapporte 215 millions de dollars de recettes pour un budget de 8,5 millions de dollars. 

Revoir la remise de la Palme d'Or à Pulp Fiction :