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Pour ces profs de Seine-Saint-Denis en grève, les groupes de niveau de Gabriel Attal sont la goutte de trop

ÉDUCATION - « Du fric pour l’école publique ! » Les enseignants de Seine-Saint-Denis ont défilé en nombre jeudi 7 mars à Paris pour réclamer un plan d’urgence ambitieux pour l’école en Seine-Saint-Denis et l’abandon de la réforme des groupes de niveau, synonyme selon eux de « tri des élèves ».

En Seine-Saint-Denis, ces enseignants témoignent de la vétusté des établissements scolaires

« On veut du fric, du cash, de la moula pour l’école publique », « Stanislas rends l’argent » ont scandé pendant plus de trois heures les manifestants – 4 500 selon les organisateurs – avant de rejoindre vers 15h le ministère de l’Éducation barricadé par un important dispositif policier. L’intersyndicale départementale FSU, CGT, SUD, CNT et FO, qui a appelé à la grève, a revendiqué 40 % de grévistes jeudi dans le secondaire, le rectorat de Créteil estimant ce pourcentage à 22 %.

Comme vous pouvez le voir dans notre reportage vidéo en tête d’article, Le HuffPost a suivi la mobilisation. À notre micro, des professeurs expliquent pourquoi la réforme des enseignements, le « choc des savoirs » voulu par Gabriel Attal et Nicole Belloubet, ne répond pas du tout aux problèmes les plus criants de leur quotidien en Seine-Saint-Denis.

La réforme prévoit la création de groupes de niveau à compter de la rentrée 2024 en 6e et en 5e pour le français et les mathématiques, et à partir de septembre 2025 en 4e et 3e. Face au tollé provoqué par cette mesure, la ministre de l’Éducation Nicole Belloubet a annoncé jeudi un assouplissement dans sa mise en place tout en restant floue sur son mode d’application.

Vétusté des locaux et sous-effectifs

Depuis une dizaine de jours, enseignants, élèves et parents mènent des opérations « école déserte ». Les syndicats réclament « 358 millions d’euros » pour permettre la création de 5 000 postes d’enseignants et un peu plus de 3 000 emplois de vie scolaire. Parmi les revendications figurent aussi des seuils à 20 élèves par classe, la réfection des établissements vieillissants et l’abrogation de la réforme du choc des savoirs.

En Seine-Saint-Denis, un enfant perd en moyenne un an de cours sur toute sa scolarité en raison des absences d’enseignants non remplacés, selon la fédération de parents d’élèves FCPE.

« Mme Belloubet a fait un pas en arrière en voulant assouplir la réforme », se réjouit Louise Paternoster, cosecrétaire de la CGT Educ’Action 93, qui appelle à poursuivre la mobilisation jusqu’à ce que la ministre « sorte le chèque ».

Le président du département de la Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel (PS), milite pour le transfert de la Seine-Saint-Denis de l’académie de Créteil à celle de Paris, dans un entretien publié jeudi par Libération. Ce changement d’affectation permettrait selon lui « une mutualisation des moyens » et « une plus grande attractivité pour les enseignants ».

Dans son département, « plus de 60 % des établissements sont en REP (réseau d’éducation prioritaire) et pourtant, les moyens alloués par l’Éducation nationale sont parfois inférieurs à ceux des établissements des quartiers favorisés de Paris », regrette l’élu.

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