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Les profs devraient être augmentés pour compenser l’absence de télétravail, suggère ce rapport anglais

La charge de travail est la principale raison pour laquelle les enseignants britanniques quittent la profession.
CHARLY TRIBALLEAU / AFP La charge de travail est la principale raison pour laquelle les enseignants britanniques quittent la profession.

ÉCOLE - Les enseignants devraient être mieux payés, notamment pour compenser le fait qu’ils ne peuvent pas télétravailler. C’est la conclusion d’un rapport réalisé en Angleterre. Son objectif ? Trouver des solutions pour dissuader les profs de quitter la profession. Attirés par de meilleures conditions de travail, ils sont en effet de plus en plus nombreux à explorer d’autres horizons.

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« Au cours d’une semaine de travail typique, les enseignants continuent de travailler plus longtemps que des diplômés similaires occupant d’autres emplois », souligne le rapport 2024 de la National Foundation for Educational Research (NFER), qui révèle que les problèmes de recrutement persistent et se sont aggravés depuis la pandémie. La charge de travail est la principale raison pour laquelle les enseignants britanniques quittent la profession et le nombre d’entre eux qui envisagent de partir a augmenté de 44 % en 2022-2023 par rapport à l’année précédente.

Le développement du télétravail, une des évolutions héritées du Covid-19 et qui permet à de nombreuses personnes de mieux articuler vie privée et vie professionnelle, ne leur est notamment pas accessible du fait de la nature même du métier. « Très peu d’enseignants en Angleterre sont en mesure de travailler à distance, ce qui les désavantage par rapport aux près de 50 % de leurs pairs exerçant d’autres professions de niveau supérieur qui déclarent le faire régulièrement », souligne la NFER.

« Le métier d’enseignant est dans une situation critique »

Pour compenser ce désavantage, le rapport préconise la création d’une « prime salariale pour les travailleurs de première ligne », pour les enseignants et les autres travailleurs du secteur public, afin de pallier « le manque de possibilités de travail à distance et hybride dans leur emploi par rapport à l’ensemble du marché du travail des diplômés ». Une prime que la NFER estime à l’équivalent d’une hausse de salaire de 1,8 % pour les enseignants.

Selon l’étude relayée par le Guardian, les professeurs affirment aussi que le comportement des élèves est à l’origine d’une charge de travail plus importante. Ils déplorent un manque de personnel pour répondre aux besoins spécifiques des élèves, tels que les besoins éducatifs spéciaux et le handicap, la santé mentale et la sécurité. Ce qui n’est pas sans rappeler la situation en France, où le manque d’AESH, AED, infirmières et psys scolaires est sans cesse dénoncé…

« Le métier d’enseignant est dans une situation critique qui met en péril la qualité de l’éducation que reçoivent les enfants et les jeunes, alerte Jack Worth, coauteur du rapport. Il est urgent de mettre en place des options politiques ambitieuses, radicales et rentables en matière de recrutement et de fidélisation des enseignants. »

En France, la crise de recrutement des professeurs est bien présente aussi, avec encore plus de 3 100 postes non pourvus aux derniers concours. Les principaux syndicats réclament une revalorisation de leurs salaires et de leurs statuts.

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