Professeur décapité: "lien de causalité directe" entre les vidéos diffusées par le père et l'attentat

Ambre Lepoivre
·2 min de lecture
Jean-François Ricard, procureur de la République antiterroriste. - BFMTV
Jean-François Ricard, procureur de la République antiterroriste. - BFMTV

Le procureur de la République antiterroriste a annoncé, ce mercredi, qu'il existe "un lien de causalité directe" entre les agissements de Brahim C., le père d'une collégienne de Conflans-Saint-Honorine, et la mort de son professeur, Samuel Paty. Pour cette raison, l'homme a été présenté à un juge - aux côtés de six autres suspects - dans la matinée et une information judiciaire a été ouverte pour "complicité d'assassinat terroriste", "complicité de tentative d’assassinat sur personnes dépositaires de l’autorité publique" et "association de malfaiteurs terroriste criminelle".

"Désigné comme une cible"

Jean-François Ricard a indiqué que l'enquête a en effet permis de démontrer que l'assaillant s'est directement inspiré des messages diffusés par ce père pour commettre ensuite son crime.

"Il est aujourd'hui clair que le professeur était désigné comme une cible sur les réseaux sociaux au moyen de manoeuvre et de réinterprétation des faits", a déclaré le procureur antiterrotiste lors d'une conférence de presse ce mercredi après-midi.

Le 7 octobre, Brahim C., a posté un premier message sur Facebook appelant à l'exclusion de Samuel Paty pour avoir présenté des caricatures de Mahomet lors d'un cours sur la liberté d'expression. Dans plusieurs messages, il a livré des faits dont sa fille a prétendument été victime durant cette classe: il a notamment affirmé que l'adolescente a été exclue du collège pour s’être rebellée contre le cours sur la liberté d’expression. Or, il apparaît que l'adolescente n'était pas présente à ce cours, pour cause de maladie.

Une polémique sur "des faits inexacts"

"L'enquête a donc démontré que la polémique, enclenchée par Brahim C. repose sur des faits factuellement inexacts", a-t-il déclaré. "Il faisait un lien direct entre l'exclusion de sa fille du collège et cet événement, alors qu'on sait aujourd'hui qu'il s'agissait d'une décision prise par la direction pour des faits totalement distincts", a précisé Jean-François Ricard.

Le père a également publié deux vidéos appelant encore à la mobilisation et à l'exclusion de Samuel Paty, lesquels ont suscité de nombreuses réactions, dont des propos menaçants à l'encontre du professeur.

Outre Brahim C., six autres personnes ont été déférées devant la justice, dont deux collégiens de 14 et 15 ans soupçonnés d'avoir désigné l'enseignant à l'assaillant en échange d'une somme d'argent de 300 à 350 euros.

Article original publié sur BFMTV.com