Procès Daval : qu’est-ce que "la soumission chimique", au cœur des débats ?

Johanna Amselem
·2 min de lecture
Multicolor vitamins and supplements on bright paper background. Concept for a healthy dietary supplementation. Close up.
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La famille d’Alexia Daval est convaincue que Jonathann Daval donnait des médicaments à son épouse à son insu. Une intime conviction non confirmée par les experts.

Depuis lundi 16 novembre, Jonathann Daval comparait devant la cour d’assises de la Haute-Saône pour “meurtre sur conjoint”. Trois ans après la mort de son épouse, Alexia Daval, il doit s’exprimer sur ce féminicide qui avait bouleversé la France entière. Si l’instruction a écarté la thèse du viol sur la victime et la préméditation avec empoisonnement, ces deux éléments demeurent pourtant au cœur des débats.

L’agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé décrit la soumission chimique comme l'administration à des fins criminelles ou délictuelles d'une substance psychoactive à l'insu de la victime. “L'Agence a mis en place depuis le 1er juillet 2003, un dispositif d'observation prospectif et permanent pour recenser tous les cas enregistrés de soumission chimique avec identification et dosage des substances en cause. Cette étude permet d'identifier les substances impliquées, de mieux définir les contextes des agressions ainsi que le modus operandi des agresseurs et d'évaluer les conséquences cliniques de la prise du produit”, ajoute l’Ansm.

VIDÉO - Procès Daval : Jonathann Daval a-t-il prémédité son geste ?

D’où vient le tramadol ?

L'analyse toxicologique réalisée pendant l'autopsie, quelques jours après la mort d'Alexia, avait révélé la présence de plusieurs molécules dans le sang et les cheveux de la jeune femme. Comme le rapporte Le Point, des traces de zolpidem, un hypnotique utilisé comme somnifère, de tétrazépam, un contractant musculaire, et de tramadol, antalgique opiacé avaient été retrouvées. Si pour les deux premiers médicaments, les experts ont retrouvé des prescriptions médicales, il n’en est rien pour le tramadol.

Suffisant pour évoquer une “soumission chimique”, autrement dit, un empoisonnement ? En effet, Jonathann Daval a-t-il administré ces médicaments à sa femme à son insu ? Pas de réponse ferme à cette question, d’autres analyses sont nécessaires, assurent les spécialistes. Les crises évoquées par Jonathann Daval peuvent-elles être le signe de cette soumission chimique ? Les proches d’Alexia Daval sont convaincus que c’est bien lui qui administrait des médicaments à la jeune femme. Si pour le mari, ces crises sont la conséquence du traitement contre l’infertilité, le médecin légiste avance lui d’autres hypothèses : une cause épileptique, médicamenteuse, psychiatrique ou comportementale. Son face-à-face avec les parents d’Alexia Daval pourrait permettre d’en apprendre davantage sur le quotidien de ce couple.

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