Procès de Valérie Bacot: l'accusée demande pardon à ses enfants, son avocate réclame l'acquittement

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Valérie Bacot à son arrivée au Palais de justice de Chalon-sur-Saône, le 25 juin 2021 - JEFF PACHOUD © 2019 AFP
Valérie Bacot à son arrivée au Palais de justice de Chalon-sur-Saône, le 25 juin 2021 - JEFF PACHOUD © 2019 AFP

Alors que le verdict est attendu dans la journée, Valérie Bacot a une dernière fois pris la parole à son procès ce vendredi. Jugée pour avoir assassiné son mari violent, incestueux et proxénète, elle encourt 5 ans de prison dont 4 avec sursis, selon les réquisitions de l'avocat général des assises de Chalon-sur-Saône, où se déroule l'épineux procès. Ayant déjà purgé un an de réclusion provisoire, Valérie Bacot sortirait libre de ce procès si les réquisitions étaient suivies dans les prochaines heures.

"Pardon" et "merci"

Dans un premier temps, Valérie Bacot, 40 ans, a tenu à "dire pardon" à ses enfants, "de ce que je leur ai fait endurer. Pardon aux enfants qu’il a eus avant, pardon à sa famille à ses ex-compagnes", a-t-elle dit.

Puis, cette dernière a également tenu à remercier ses soutiens: "merci à vous tous de m’avoir écoutée, déjà, et de m’avoir appris beaucoup de choses."

"Ce procès, c’est un grand pas pour moi, pour peut-être tourner une page et passer un cap. J’espère. Merci et j’ai hâte d’être avec mes enfants et ma petite fille. Je suis contente de voir que maintenant, on a notre famille et nos amis, et ça fait du bien de pouvoir se reposer pour les autres aussi. J’en ai besoin", a-t-elle ajouté.

"On est dans l'abolition du discernement"

Alors que les jurés se retiraient pour délibérer, Nathalie Tomasini, l'une des avocates de Valérie Bacot, a affirmé à l'antenne de BFMTV avoir demandé "l'acquittement" de sa cliente.

"L’altération du discernement ne colle pas avec le phénomène d’emprise, de syndrome post-traumatique, de syndrome de femme battue, on est dans l’abolition du discernement au moment des faits. Ces femmes n’ont pas d’autre possibilité que de tuer pour ne pas mourir, il n’y a pas de prise de décision consciente, c’est un geste automatique", explique-t-elle.

Pour la femme de loi, ce procès est également une remise en question du système judiciaire français, qui ne protège pas suffisamment les victimes de violences conjugales.

"En France, on est bloqués dans des textes et la science ne permet pas de démontrer que ces femmes ne peuvent prendre une décision raisonnable, elles ont des zones du cerveau impactées, des lésions neuronales, avec des IRM fonctionnelles. Les experts judiciaires pensent qu’il y a abolition, mais n’y vont pas parce qu’ils ne veulent pas faire jurisprudence, ils restent sur des textes anciens. [...] Je ne vois pas comment cette société peut condamner Valérie Bacot. Cinq ans, même avec du sursis, c'est trop", martèle-t-elle.

Article original publié sur BFMTV.com

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