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Procès de Monique Olivier: la juge d'instruction qui a fait avouer à Michel Fourniret ses crimes témoigne

Elle a poussé Michel Fourniret et Monique Olivier aux aveux. La juge d'instruction Sabine Kheris, qui dirige aujourd'hui le pôle cold cases à Nanterre, a pris la parole à la barre au procès de l'"ogresse" des Ardennes, jugée devant la cour d'Assises des Hauts-de-Seine.

"Le dossier que vous avez à juger aujourd’hui c’est moi qui l’ai instruit. En 2012, je suis saisie des dossiers Domece et Parrish…", déclare Sabine Kheris devant la cour.

Monique Olivier, âgée de 75 ans, est jugée pour son implication dans les enlèvements et meurtres de Marie-Angèle Domèce en 1988, de Joanna Parrish en 1990 et d'Estelle Mouzin en 2003.

"Le 5 février 2019, Monique Olivier me dit qu’elle a quelque chose à me dire dans le dossier Mouzin", raconte Sabine Kheris qui récupère le dossier sur la disparition de la jeune fille à l'été 2019. Un dossier qui vient s'ajouter à ceux de Marie-Angèle Domèce et Joanna Parrish dont s'occupe déjà la juge d'instruction. Sabine Kheris mène alors de nombreux interrogatoires avec le couple.

"À partir du moment où monsieur Fourniret a été en confiance, on lui a parlé des faits. Et il a dit être le seul responsable des faits", témoigne-t-elle.

Elle recueille les aveux de Fourniret sur Estelle Mouzin

Lorsqu'elle interroge l''ogre des Ardennes" sur une victime et qu'elle lui montre une photo, celui-ci a une façon particulière de lui répondre: "oui, ce visage ça fait tilt", relate-t-elle. Sur le dossier Estelle Mouzin, Sabine Kheris raconte que Michel Fourniret lui dit à l’époque qu’il ne veut plus parler à personne d’autre qu’elle.

"J’estime être responsable du décès de cette personne. Il est fort possible que j’ai été l’auteur de cette disparition. Rien que le fait de fixer son regard il y a quelque chose qui ne me laisse pas indifférent", lui avouera Michel Fourniret à propos d’Estelle Mouzin.

En 2020, Michel Fourniret est à nouveau interrogé sur Estelle Mouzin. À la juge Sabine Kheris, il lui répond qu'elle a "fait du bon boulot".

"Mais je ne saurai vous dire comment je lui ai ôté la vie. Si des images me revenaient je les foutrais par la fenêtre", lui déclare-t-il encore à l'époque.

"Madame Olivier est crédible sur le lieu de dépose du corps"

La juge d'instruction raconte devant la cour d'assises le moment où Monique Olivier reconnaît avoir gardé Estelle Mouzin en l’absence de Michel Fourniret.

"Elle voulait voir sa maman, je lui ai dit qu’elle allait voir sa maman, je l’ai accompagnée aux toilettes", reconnaît Monique Olivier face à la juge.

"Oui je pense que madame Olivier est crédible sur le lieu de dépose du corps. Ce n’est pas parce qu’on n’a pas retrouvé le corps qu’il n’y a pas été…. Mais Monique Olivier est insondable", poursuit Sabine Kheris.

Des années d'enquête

À propos de Michel Fourniret, la juge d'instruction pense qu'il "n'avait pas envie de retrouver les corps parce qu'il avait honte de ces faits". Si ses interrogatoires avec lui sont toujours courtois, Sabine Kheris se remémore d'une fois où elle voit Michel Fourniret fâché: "je me suis dit à ce moment-là, ses victimes... ce qu'elles ont vécu…"

"Fourniret s’est toujours considéré comme un chef d’équipe. Si on travaillait bien il avançait sinon pas question, donc il fallait lui apporter des billes", déclare la juge.

Se présentant comme une "cheffe d'orchestre d'une équipe de virtuoses", Sabine Kheris raconte ses années d’enquête où elle dit avoir travaillé nuit et jour sur ses dossiers. La juge d'instruction est remerciée à la fin de son intervention à la barre par les avocats des parties civiles. Mercredi matin, c'est la famille d'Estelle Mouzin qui sera entendue.

Article original publié sur BFMTV.com