Procès des attentats de janvier 2015: "Ne lâchez pas", dit une revenante de Syrie à "Charlie Hebdo"

S.B.-E.
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Au procès de Charlie Hebdo au tribunal de Paris, le 16 septembre 2020 (Photo  d'illustration) - Benoit PEYRUCQ © 2019 AFP
Au procès de Charlie Hebdo au tribunal de Paris, le 16 septembre 2020 (Photo d'illustration) - Benoit PEYRUCQ © 2019 AFP

Une Française rentrée de Syrie, entendue ce vendredi comme témoin au procès des attentats de janvier 2015, a demandé au journal satirique Charlie Hebdo de "ne pas lâcher" et de continuer à publier des caricatures.

"Je veux juste dire par rapport à Charlie Hebdo, c'est important que vous continuiez, car c'est tout ce qu'ils détestent", a déclaré Sonia M. en référence à Daesh, qu'elle avait rejoint après avoir quitté la France en septembre 2014.

"Il s'était occupé de recruter Amédy Coulibaly"

"Ne lâchez pas. Vous représentez la liberté et c'est ce qu'ils détestent le plus", a encore lancé la jeune femme, que la cour d'assises spéciale de Paris entendait par visio-conférence de la maison d'arrêt où elle est incarcérée dans une affaire de terrorisme.

Rentrée de Syrie en janvier avec ses trois enfants nés sur place, Sonia M. avait affirmé devant un juge d'instruction que son premier mari, le vétéran du jihad Abdelnasser Benyoucef, était le commanditaire de l'attentat contre l'Hyper Cacher.

"Il m'a juste dit qu'il s'était occupé de recruter Amédy Coulibaly, sans plus de détails. Je sais qu'il avait des contacts avec des gens en France mais je ne sais pas lesquels, il ne m'en a pas dit plus", a assuré Sonia M. à la cour.

La seule fois où il a détaillé son rôle d'"émir des opérations extérieures", c'était "sous le coup de l'énervement", il trouvait que ça allait "trop vite", a certifié cette femme de 31 ans.

Elle a connu l'épouse de Coulibaly

Sonia M. a également rencontré en Syrie Hayat Boumeddiene, compagne en fuite d'Amédy Coulibaly, jugée par défaut par la cour d'assises spéciale. "Elle rappelait souvent que son mari (Coulibaly, NDLR) et les frères Kouachi avaient fait les attentats ensemble pour créer une cohésion" entre Daesh, dont s'est revendiqué le tueur de l'Hyper Cacher, et Al-Qaida dans la péninsule arabique (Aqpa), qui a revendiqué l'attentat contre Charlie Hebdo.
Quand Sonia M. a vu pour la dernière fois Hayat Boumeddiene, "fin septembre/début octobre 2019", avant sa fuite du camp d'Al-Hol, "elle était encore à fond pour l'Etat islamique", a estimé la témoin. Sonia M. a par ailleurs décrit à la cour sa radicalisation rapide, courant 2014, liée selon elle à "une mauvaise rencontre", un homme "tout à fait comme (Abdelhakim) Sefrioui", militant islamiste mis en examen pour "complicité d'assassinat" terroriste, après la décapitation du professeur Samuel Paty.

Article original publié sur BFMTV.com